A quoi servent les choses

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Il y avait l’autre jour sur un réseau social une discussion sur les réunions. Beaucoup se plaignaient de ce que les réunions sont trop nombreuses, trop longues et inutiles car aucune décision n’y est prise. Et je me disais quant à moi, que si les réunions, malgré tout, continuent à exister, c’est certainement qu’elles sont utiles à quelque chose, mais que cette chose n’est pas celle qu’on prétend être. Et c’est souvent le cas, peut-être même le plus souvent le cas : les choses ont une utilité, un rôle, une fonction ; sinon elles ne seraient pas là ; mais cette utilité, ce rôle, cette fonction n’est pas toujours – et peut-être est-elle rarement -ce qu’on dit qu’elle est. De là tous les étonnements qu’on peut ressentir dans la traversée de la vie. Et de là toutes les erreurs qu’on peut commettre quand on veut changer les choses et qu’on n’a pas compris ce à quoi elles servaient vraiment.


Ainsi les réunions. Si l’on juge les réunions à la seule aune de leur efficacité en matière de prise de décisions, on peut probablement, sans regrets, en supprimer la quasi-totalité. Mais une réunion, ça ne sert pas à ça, ou pas seulement. Ça sert à se voir, à se frotter les uns aux autres, à apprécier les jeux de pouvoir, les hiérarchies, l’attention et  l’intérêt portés à un dossier, la timidité, l’éloquence, le maintien, la confiance… Et c’est pour toutes ces raisons que les réunions, qui peuvent paraître si inutiles à certains égards, se poursuivent et se multiplient.

Si l’on veut améliorer les choses, les transformer, il faut d’abord les accepter telles qu’elles sont, comprendre que, telles qu’elles sont, elles fonctionnent et ont une utilité, puis chercher cette utilité. Elle n’est peut-être pas celle qu’on dit mais elle existe, sans quoi la chose aurait disparu. Et quand on aura  trouvé la vraie raison, le vrai pourquoi des choses, on pourra, gardant le coeur et le noeud, travailler à faire évoluer le reste, qui n’est qu’enrobage. Mais il faut pour cela avoir saisi la motivation réelle, avoir su trouver le sens, qui est parfois très loin de ce qui est dit : il faut avoir su justifier les choses, avoir su justifier l’état du monde pour pouvoir le changer.

Il faut, pour pouvoir espérer changer le monde, pouvoir justifier ce qu’il est, dans sa bizarrerie.

 

 

 

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