La voix

La voix met à nu. Elle vient du tréfonds de l’être et se projette au dehors, révélant dans un cri ou un chuchotement l’intimité et le secret. Elle donne à voir la profondeur des êtres.

C’est pourquoi il n’est rien de plus sacré que le chant : chant des baleines, chant des femmes et des hommes, chant de la nuit et des étoiles, qui sont une porte vers la vérité du monde, son souffle et son rythme premiers.

Sorcière

Je crois que c’était cela, les sorcières : des femmes (ou des hommes pour les sorciers) qui avaient dû développer leur sensibilité et leur attention avec une particulière acuité qui leur permettait de déceler, chez leurs interlocuteurs, d’une façon qui paraissait magique, des signaux faibles et fondamentaux qui en disent plus que tous les mots sur la personne qui parle.

Demander et donner

On ne demande, on ne demande vraiment qu’à ceux qu’on aime – quelle que soit la sorte d’amour qu’on leur porte : estime, amitié, amour ou amour ; aux autres, on ne demande que des choses insignifiantes : “passe moi le sel”, “donne moi le pain”.

Dès lors que la demande est signifiante, elle ne s’adresse qu’à ceux qu’on aime. Et elle porte en elle autre chose, qui lui est irréductiblement liée même si elle n’apparaît pas toujours : un don. Au cœur de chaque demande faite à ceux qu’on aime, il y  a don : don de confiance, don de temps, don de soi.