Demander le nom des choses

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J’étais la semaine dernière en randonnée dans le désert, lieu de sécheresse et de silence, et me suis à cette occasion rendu compte de la sorte de réflexe que nous avons acquis  – que j’ai acquis, du moins – qui nous conduit à systématiquement, presque irrépressiblement, demander le nom des choses, quand bien même nous n’en aurions, au bout du compte, pas grand chose à faire : quel est le nom de cette plante, de ce village qu’on aperçoit au loin, de ce sommet, de ce massif, de ce plat, de cet animal ?…, tant de noms que nous demandons à connaître sans bien savoir ce qui nous y pousse.

La connaissance mérite le plus grand respect. Savoir vaut mieux que ne pas savoir. Mais la demande mécanique de savoir que je voyais à l’oeuvre la semaine dernière ne me semble pas participer de l’accroissement de notre connaissance, de notre compréhension du monde, mais plutôt de son occultation : connaître le nom des choses pour pouvoir les catégoriser plus vite, et ne pas avoir à les examiner plus avant ; connaître mieux le nom des choses pour connaître moins bien les choses elles-mêmes… connaître le nom pour ne pas connaître la chose.

Tel est l’objet de cette improvisation matinale, dont je terminerai ultérieurement le commentaire.

8 réflexions au sujet de « Demander le nom des choses »

  1. Je suis contente de vous retrouver. Vos improvisations m’ont manqué. Pour le nom, vous avez raison. D’un autre côté… Je veux qu’on me dise le nom de cette montagne, parce qu’il raconte l’histoire entre elle et les hommes dans les corps desquels elle pose le poids de sa présence. Je veux qu’on me dise le nom de cette plante, parce qu’alors jaillit tout autour de son corps visible son corps invisible – oserai-je dire, autour de son corps physique, son corps mystique. Je veux qu’on me le dise, que je puisse au moins emporter cela avec moi, et faire en moi la place due à cette plante. Savoir le nom m’aide à aimer, à inscrire l’amour dans la durée.

    1. Aldor – Paris, France – Un Parisien qui blogue, Un deuxième improvise, Un troisième se promène, Un quatrième montre des images, Un cinquième écrit. Ce sont pourtant les mêmes : https://improvisations.fr, https://aldoror.fr, https://promenades.improvisations.fr, https://images.improvisations.fr, https://lignes.improvisations.fr, https://notes.improvisations.fr
      Aldor dit :

      Bonjour, Frog, je viens de lire votre magnifique poème…

      C’est un peu la même chose. Si je vous demandais le sujet de ce poème, vous me feriez une réponse qui aurait un sens mais qui me permettrait de me décharger du poids de la recherche, qui m’autoriserait à être moins attentif… on peut chercher à savoir par paresse…

      1. Oui, je comprends très bien ce que vous avez voulu dire, et je trouve moi aussi agaçant l’accumulation stérile de mots qui ne comptent pas vraiment. Je milite pour rendre aux mots leur poids ! 😉 Savoir le nom d’une chose ne suffit pas à la connaître. Mais pour connaître – vous savez, dans le sens d’aimer – il faut (pour moi du moins) avoir le nom.

      2. Aldor – Paris, France – Un Parisien qui blogue, Un deuxième improvise, Un troisième se promène, Un quatrième montre des images, Un cinquième écrit. Ce sont pourtant les mêmes : https://improvisations.fr, https://aldoror.fr, https://promenades.improvisations.fr, https://images.improvisations.fr, https://lignes.improvisations.fr, https://notes.improvisations.fr
        Aldor dit :

        …Mais il n’en va pas toujours ainsi.

        Ainsi, il y avait, surgissant par endroits de mon désert pierreux, des touffes de camomille. Savoir que ces sortes de pâquerettes étaient des fleurs de camomille, avec tous les souvenirs de shampoings et de tisanes mêlés à ce mot, accroissait ma plénitude de l’impression ressentie. De l’amour, comme vous dites…

    2. Aldor – Paris, France – Un Parisien qui blogue, Un deuxième improvise, Un troisième se promène, Un quatrième montre des images, Un cinquième écrit. Ce sont pourtant les mêmes : https://improvisations.fr, https://aldoror.fr, https://promenades.improvisations.fr, https://images.improvisations.fr, https://lignes.improvisations.fr, https://notes.improvisations.fr
      Aldor dit :

      Oui. Je suis d’accord. Comme dire l’amour peut parfois permettre de lui donner corps, comme un précipité, en chimie : ah ! C’était ça ; c’est ça. C’est donc ça.

  2. malyloup – les photos racontent des histoires alors attentive à tout ce qui m'entoure, je publie mes photos car elles induisent réflexions, expériences, liens (cliquez sur les mots en gras et en italique et vous découvrirez ce dont il s'agit)..... les pages, les anciens articles sont parfois modifiés (car *j'apprends sans cesse*) alors ils sont à revoir.... mes photos sont non libres de droits (sinon je le préciserai) et elles peuvent être vues en plein écran en deux clics.....merci de m'envoyer une demande via la page de contact pour toute utilisation du contenu de ce blog (photos et/ou textes) je vous souhaite de belles découvertes!
    malyloup dit :

    j’attends la suite de cette réflexion…..pour mettre des mots dessus 🙂

  3. Sylvie Ge – Nouvelle-Zelande, Grande-Bretagne, Canada, etc. – I find inspiration from different forms of poetry (White, haiku, Prynne ) and everyday life to feed this experimental blog. I have devoted my time to writing and poetry since 2015, after working as an academic at the University of Canterbury from1995. Photos are mine unless stated otherwise. Canon digital. Je m'inspire librement de differentes formes de poesie (White, haiku, Prynne) et du quotidien pour alimenter ce blog de poesie visuelle. Je me consacre maintenant entierement a l'ecriture, apres avoir quitte la vie universitaire (Universite de Canterbury) en 2015. Les photos sont les miennes, sauf indication contrary. canon digital
    Sylvie G dit :

    Belle conclusion, Aldor, il semble que categorise empêche parfois de sentir les choses

  4. Joëlle – (Please keep on reading for details in English) Pendant trop longtemps, mon mari a été soigné pour de l'asthme, des allergies saissonnières, des yeux larmoyants et des migraines... jusqu'au jour où nous avons changé d'alimentation, éliminé gluten, produits laitiers et surtout tous les additifs, en particulier les sulfites. J'ai dû réinventer ma cuisine, ce qui m'a incité à faire ce blog où je partage les recettes qui fonctionnent pour nous. Bonne cuisine à tous! For too many years, my husband was treated for asthma, seasonal allergies, watery eyes and migraines... until we changed our diet, eliminating gluten, dairy products and most of all any type of additive, in particular sulfites. My cooking had to change, which in time pushed me to start this blog where I share the recipes that work for us. Happy healthy cooking everyone! Note: many of these recipes are now available on http://sulfitefreecooking.wordpress.com
    Joëlle dit :

    Nommer donne un sentiment de contrôle, cela rassure. Ainsi, les médecins ont aujourd’hui un nom pour toutes nos maladies, même s’ils ne sont pas forcément capables d’en déterminer les causes ou de les soigner.

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