C’est mon droit !

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Il y avait hier matin devant moi, sur la piste cyclable du pont Alexandre III, un cycliste sonnant à toute volée de sa sonnette pour que sorte de la piste cyclable un motard qui s’y était mis. Le motard s’est poussé pour laisser passer notre cycliste irascible qui lui a jeté un regard noir avant de s’arrêter, quelques centimètres plus avant, fier de sa victoire et sûr de son bon droit.

Ce genre d’attitude, qu’on rencontre souvent, m’exaspère. Mais d’un autre côté, je sais bien que le droit, souvent, doit être défendu et revendiqué, que cela nous protège, et que les droits laissés à l’abandon finissent souvent par tomber en désuétude. Et je n’arrivais pas, jusqu’à ce matin, à comprendre et à dépasser cette contradiction.

Il arrive souvent aussi que, passant sur un passage clouté, les piétons qui s’apprêtaient à traverser me voient et consultent, en un geste réflexe, la couleur du petit bonhomme sur le trottoir d’en face pour vérifier qui, d’eux ou de moi, est dans son droit. C’est la première chose qu’ils font – et je sais agir moi aussi de cette façon un peu étrange, comme si être ou non dans son droit était la chose la plus importante.

Si l’attitude du cycliste d’hier me déplaît, je comprends parfaitement, même si je la trouve absurde, celle des piétons que je croise. Pourquoi cette différence de jugement entre ces deux appels au droit ? C’est ce matin que j’ai, je crois, compris. Tout est – comme dans toutes les choses importantes – dans l’intention : qui a recours au droit pour se défendre en use justement ; qui utilise le droit pour attaquer en abuse.

Le droit est fait pour assouplir et fluidifier les rapports entre les hommes, pour éviter la violence et protéger les faibles ; il est une armure. S’en servir comme d’une arme offensive permettant d’accroître son pouvoir sur autrui, c’est le pervertir.

C’est pour cela que le cycliste revendiquant son droit à occuper seul la voie cyclable pour la seule raison qu’il en a le droit m’horripile quand il pourrait, au prix d’une toute petite nuance dans l’intention, avoir toute légitimité pour agir de cette façon. Il s’agit simplement de savoir pourquoi et pour qui il agit ainsi : est-ce pour la communauté ou est-ce seulement pour lui ?

Par illuminations, il m’arrive de comprendre ce que veut dire l’aimée.

Tout est dans l’intention.

5 réflexions au sujet de « C’est mon droit ! »

    1. Aldor – Paris, France – Un Parisien qui blogue, Un deuxième improvise, Un troisième se promène, Un quatrième montre des images, Un cinquième écrit. Ce sont pourtant les mêmes : https://improvisations.fr, https://aldoror.fr, https://promenades.improvisations.fr, https://images.improvisations.fr, https://lignes.improvisations.fr, https://notes.improvisations.fr
      Aldor dit :

      L’intention. Et c’est une chose tellement délicate.

  1. Cléa Cassia – Écrivaine, blogueuse, autodidacte en beaucoup de choses et surtout en vie. Retrouvez mon premier livre, "Dissections émotionnelles tome 1 : Mourir de vivre" sur The Book Edition : http://www.thebookedition.com/fr/dissections-emotionnelles-tome-i-p-345190.html
    Cléa Cassia dit :

    “Tout est dans l’intention.”, je vais me noter ce beau concept dans un coin de la tête. Ça semble être quelque chose qui pourra m’être utile un jour prochain !

    1. Aldor – Paris, France – Un Parisien qui blogue, Un deuxième improvise, Un troisième se promène, Un quatrième montre des images, Un cinquième écrit. Ce sont pourtant les mêmes : https://improvisations.fr, https://aldoror.fr, https://promenades.improvisations.fr, https://images.improvisations.fr, https://lignes.improvisations.fr, https://notes.improvisations.fr
      Aldor dit :

      Bonjour Cléa. Je crois que c’est le véritable sens de l’expression : “C’est l’intention qui compte.”.

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