La méchanceté inconnue

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Echanges hier, avec Katia, sur la question, Ô combien inquiétante !, de la méchanceté inconnue : existe-t-il vraiment des gens qui sont méchants sans avoir conscience de l’être ? Qui croient agir bien, voire avec bienveillance, et qui en fait, au fond d’eux-mêmes, sont méchants, pensent méchamment et agissent méchamment ? Des personnes dont le sens moral est tellement altéré ou inexistant qu’elles ne se rendent tout simplement pas compte de cela et voient de la méchanceté dans l’esprit et les gestes d’autrui, incapables qu’elles sont de distinguer le bien du mal ?

C’est un abîme qui s’ouvre : un méchant  conscient fait le mal en le sachant et on peut espérer, à force d’efforts, qu’il épousera un jour la cause du bien. Mais celui qui n’a tout simplement pas conscience du mal enfoui en lui et qui croit agir bien alors qu’il agit mal parce que quelque chose est gauchi, perverti dans son esprit, comment lui faire reconnaître cela ?

Il est malheureusement probable que de telles personnes existent et elles ne se reconnaissent pas elles-mêmes.

Et peut-être même y a-t-il, au fond de chacun d’entre nous, une part aveugle et obscure, un passager clandestin de l’âme, qui, de l’ombre où il est tapi, sape inlassablement le bien que nous voulons faire.

Toutes nos pensées et toutes nos actions en sont perverties, sans que nous le sachions.

Et dans cette nuit profonde qui nous engloutit malgré nous, la seule lumière, la seule bouée, est le regard de l’autre.