Grains de temps, d’espace et de poussière

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Mylène m’a offert un livre de Carlo Rovelli, intitulé L’ordre du temps, dans lequel il est question du laps de temps minimal et de la longueur minimale.

Le laps de temps minimal, ce qu’on appelle le temps de Planck, est de 10-44 seconde, soit un cent millionième de milliardième de milliardième de milliardième de seconde ; la distance minimale, qu’on appelle la longueur de Planck, est de 10-33 centimètre, soit un millionième de milliardième de milliardième de milliardième de millimètre.

Au sein de cette durée comme en deçà de cette longueur, temps et distance n’ont plus de sens : le temps est fixe et l’espace est insécable, indifférenciable.

Je suis évidemment incapable de comprendre ce que cela veut dire car c’est bien au-delà de mes capacités de compréhension. Mais je n’en suis pas moins émerveillé, une nouvelle fois, par la grandeur de l’homme qui, s’il est capable du pire, est également capable de découvrir ceci : que, dans des recoins presqu’infiniment petits de l’espace et du temps, dans des recoins qu’il n’aura jamais la possibilité d’apercevoir en vrai, existent des grains insécables ou le temps ne s’écoule plus et ou l’espace de s’étend plus. Et qu’il sache cela me fascine.

Et voilà que j’apprends qu’un homme que je connaissais de loin vient de mourir, comme il en meurt chaque jour des milliers. Et cette idée une nouvelle fois m’inonde que nous sommes peu de chose, susceptibles à chaque instant de quitter le monde des vivants. Et pourtant nous vivons, faisons, découvrons et aimons.

Et que, étant grains de poussière infiniment fragiles et périssables, nous soyons capables de tant de choses extraordinaires (en parallèle, hélas !, de tant de choses hideuses) accroît plus que ça ne diminue mon émerveillement étonné : quelle étrange et improbable créature sommes-nous, si admirable et si pitoyable en même temps.

 

Une réflexion au sujet de « Grains de temps, d’espace et de poussière »

  1. emotionsdefemme – Narbonne - France – J'ai eu un parcours professionnel atypique. Architecte urbaniste, restauratrice puis cadre commerciale, j'ai été frappée par une maladie neurologique fin 2013 qui m'empèche de dormir. J'ai profité de ces nuits blanches pour recommencer à dessiner et à écrire des poèmes qui traduisent mes « Emotions de femme. »
    emotionsdefemme dit :

    Je te rejoins, l’Homme est incroyable, capable de tant de choses. Sur le plan scientifique mais aussi sur le plan humain, sur le plan du courage, de l’abnégation. Il me semble que ces gens extraordinaires rachètent un peu les « fautes » des pitoyables … Bonne soirée Aldor.

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