Il n’est pas de sauveur suprême

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Peut-être la forte abstention constatée lors des dernières élections marque-t-elle, plus qu’un rejet de la politique et un échec des politiques, une relativisation de l’enjeu du politique : après plus d’un an d’isolement et de repli pandémiques forcés, on se rend compte qu’après tout, l’important et l’efficace, y compris au regard des grands enjeux de société que nous avons et aurons à relever, n’est pas forcément, ou même essentiellement, dans le combat politique. Il y a aussi, dans nos cercles privés, dans nos comportements individuels ou collectifs, dans nos façons  quotidiennes d’être et d’agir, un élément puissant de changement (ou d’immobilisme) qui relativise, et c’est après tout assez sain, le rôle aussi bien du politique que de la politique.

La politique est importante ; elle permet de faire et d’accompagner bien des choses ; mais elle n’est pas la clé de tout et pas plus que dieu, césar ou tribun, elle ne doit être considérée comme le sauveur suprême.

Il y a, dans nos façons de nous comporter à chaque instant, dans notre manière de parler, de nous tenir, de marcher, de consommer, de respecter, d’accueillir ; dans l’ombre ou la lumière que nous choisissons de refléter ; dans la joie et l’énergie qui émanent ou non de nous, un engagement qui, sans doute plus qu’un bulletin de vote, change notre vie et celle de ceux qui nous entourent. C’est cela aussi que cette vie confinée a appris à ceux d’entre nous qui ne le savaient pas déjà.

L’action  politique est importante, voter est important mais tout ne passe pas par là, et peut-être précisément pas le plus important, y compris dans les combats les plus essentiels de ce temps.

 

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