Les enfants de Madagascar

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On parle beaucoup depuis quelques jours  du minivol qu’a effectué dans l’espace Richard Branson. Je n’en parlerai pas car ça n’a pas, en soi, beaucoup d’intérêt. Mais beaucoup de ceux qui en parlent le font pour regretter que la presse et les médias parlent beaucoup de ce vol et peu de la grande famine qui touche Madagascar et dont de nombreux enfants de l’île sont les victimes.

Je trouve cette mise en regard détestable.

Il est certain qu’amener quelques personnes en apesanteur pendant quelques minutes ne change rien au sort des enfants malgaches. Mais ça n’y prétend pas non plus. Alors qu’évoquer, dans un post, la détresse de ces enfants, n’y change absolument rien non plus mais permet à celui qui l’évoque de ressentir et d’afficher une sorte de bonne conscience : je suis du bon côté puisque je ne les oublie pas.

C’est la pseudo-piété des dames patronnesses qui confondent le dire et le faire, et qui croient qu’il suffit de parler des saints pour en avoir les vertus : je ne fais rien, rien de rien. Mais sous prétexte que des mots sortent de ma bouche, de ma plume, de mon clavier, je me sens investi d’une légitimité particulière et toise de haut le commun des mortels.

Combien de fois m’est-il arrivé d’agir de même ! Le sentiment d’impuissance est si lourd à porter ! Il est si tentant, quand on ne peut rien faire, ou pratiquement rien, de se gargariser de mots, de croire qu’il suffit de parler pour faire.

Mais il ne faut pas y céder. Quand les mots font avancer les choses, bien sûr qu’il faut les dire. Mais quand ils ne servent qu’à nous donner bonne conscience, mieux vaut les taire ; ils ne servent pas la bonne cause.


La photographie de titre a été prise rue Valette, à Paris.

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