Le Grand Huit émotionnel

Un Grand Huit (image générée par LLM)

J’en ai déjà un peu parlé mais je suis, à chaque fois saisi. Saisi et secoué dans cette sorte de Grand Huit émotionnel que j’éprouve auprès d’elle, si proche quand elle est là, et si lointaine, presque étrangère, non pas quand elle s’éloigne, comme je l’avais d’abord écrit (car, quand elle s’éloigne, nous nous quittons dans une sorte de déchirement mouillé), mais quand elle est loin, installée dans la distance et la distanciation.

J’éprouve, dans ce numéro constant de voltige, des sentiments, des sensations elles-mêmes voltigeuses, vibrantes, indécises, qui sont pour moi, je l’ai souvent dit, l’indice le plus sûr, le plus fiable, de l’importance et de la vérité des choses.

Car aussi pénibles soient les chutes, le retour brutal vers la terre, quand on a, un moment, effleuré des ailes le ciel azul, je demeure, je m’accroche et ne renonce pas.

Et je crois, peut-être à tort mais peut-être à raison, qu’il y a, dans cette stabilité, dans cette résilience, pour employer ce mot si galvaudé, dans cette capacité à encaisser, jour après jour, les mille G de ce Grand Huit émotionnel et à se relever, souriant et plein d’espoir, une vertu performative.

Et finalement, je trouve cela assez sain, et même assez plaisant, de construire, dans le temps, pas à pas ; de façonner ce qui sera dans le mouvement même de cette danse tangueuse et alambiquée ; de se laisser aller au rythme et au tempo qui naîtront d’eux-mêmes, qui émergeront peu à peu, on ne peut prévoir comment ; de laisser place, espace et liberté à cette chose inconnue et fragile qui émerge plutôt que de cueillir une fleur déjà éclose.


En savoir plus sur Improvisations

Subscribe to get the latest posts sent to your email.

Soyez le premier à commenter

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.