La voix

La voix met à nu. Elle vient du tréfonds de l’être et se projette au dehors, révélant dans un cri ou un chuchotement l’intimité et le secret. Elle donne à voir la profondeur des êtres.

C’est pourquoi il n’est rien de plus sacré que le chant : chant des baleines, chant des femmes et des hommes, chant de la nuit et des étoiles, qui sont une porte vers la vérité du monde, son souffle et son rythme premiers.

Sorcière

Je crois que c’était cela, les sorcières : des femmes (ou des hommes pour les sorciers) qui avaient dû développer leur sensibilité et leur attention avec une particulière acuité qui leur permettait de déceler, chez leurs interlocuteurs, d’une façon qui paraissait magique, des signaux faibles et fondamentaux qui en disent plus que tous les mots sur la personne qui parle.

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Justice et amour

L’idée de la justice n’est pas le principe suprême de l’éthique, et au-dessus d’elle s’élève l’idée de l’amour, qui, au-delà du juste et de l’injuste, de la faute et de la vengeance, referme pour toujours la source des conflits humains dans un grand geste de bonté capable de tout pardonner, de tout purifier et, de ce fait, rend possible l’avènement du royaume de Dieu sur terre. Cette idée centrale du Christianisme qui, au temps de son apparition comme de nos jours, s’est toujours heurtée à une très vive résistance, notamment en Europe occidentale, qui souffre d’une surestimation du principe de justice, qu’elle est de ce fait incapable de dépasser.

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Se taire pour ressentir ?

Peut-être faut-il, pour ressentir vraiment certaines choses, les recueillir dans le silence, les absorber dans le silence, et dans le silence les laisser mûrir et s’épanouir. A vouloir les dire, les exprimer, les mettre en mots, on risque non seulement de les gauchir, de les affadir ou de les détourner de leur sens premier mais, plus radicalement, de ne pas leur donner le temps.

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Déchirures

Il y a des choses : paysages, toucher ou entendre celle que j’aime, visages d’enfants, de femmes ou d’être chers, ou cette chanson, qu’on a entendu en introduction et qui, dès la première écoute, m’a fait tressaillir – il y a des choses qui, on ne sait pas pourquoi, bouleversent et font monter en nous, de façon irrépressible, une sorte de sanglot, ouvrent une déchirure.

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Les Chevreaux – la mer

  Au sud-ouest de l’île, entre le Cap d’Armes et la Gorge du Loup, les Chevreaux, espace pierreux et dénudé couvert de petits cailloux, de rochers mille-feuilles, où poussent, rares et belles, des touffes d’immortelles et de cinéraires maritimes, leurs cousines marines. Je me suis réfugié au creux d’un rocher fait de lamelles empilées, arrondi […]

Promenade d’été rue Nélaton

    Je me suis promené hier, dans Paris. Paris est si beau, l’été, avec tous ces touristes venus de partout et ouvrant des yeux émerveillés, photographiant tout ce qu’ils peuvent, ces femmes voilées, élégantes et souriantes, et ces hommes balourds et maladroits, touchants dans leur balourdise, poussant avec maladresse des poussettes, ces adolescents de […]

Pardon : le fardeau de la liberté

  Le Chat du pasteur, ce joli blog que rédige une jeune pasteure, évoquait l’autre jour la question du  pardon. Et l’auteure observait que le pardon – le vrai pardon : celui qui concerne les choses impardonnables – était certainement dur et difficile, voire impossible, aux victimes, à ceux qui pardonnent ; mais qu’il était […]