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Comme la vie (un rêve)


La sonnerie du réveil m’a, ce matin, tiré d’un rêve étrange et agréable, suite d’un autre rêve où j’avais comme vécu il y a quelques semaines, et qui m’est alors revenu à la mémoire. En me réveillant, ma première pensée fut que cela était comme la vie, comme un roman d’apprentissage.

Je participais à ce qui semblait être un stage de développement personnel. Nous étions une quinzaine et devions faire des choses déstabilisantes et bizarres. Rien de déplaisant, rien d’effrayant ; seulement de l’inhabituel, du neuf, du singulier : être en groupe, gravir des statues immenses, glissantes et dépourvues de prises, nager dans des bassins non destinés à cela, assister à des cours ou à des conférences (je me croyais à Hauteville, chez les Desjardins) portant sur des sujets dont je ne me souviens plus mais qui étaient vaguement ésotériques.

Esonstad

Cette sorte de stage se déroulait dans une petite cité allongée le long d’un canal. Elle ressemblait à Esonstad, cette fausse petite ville neuve de Hollande où nous avions dormi il y a quelques années, à la lueur d’une torchère brûlant du gaz, sorte de ville fantôme qui, en y repensant, me fait songer à la cité perdue du Voyage de Chihiro – et tout cela est cohérent.

Tout en y étant très bien, je ne savais pas ce que je faisais là : mes compagnons, avec lesquels je discutais, d’une activité à l’autre, rencontraient dans leur vie des difficultés particulières ; tel n’était pas mon cas, pensais-je. Mon seul problème, d’une nature différente, était une conférence que je devais prononcer quelques jours plus tard et qu’il me fallait, dans l’attente, préparer.

Mon comportement et mes réactions, pourtant, étaient singuliers : durant l’une de ces conférences pendant lesquelles nous étions assis en tailleur sur des tapis de méditation, j’avais soudain trouvé peu seyant mon slip et étais allé chercher un bermuda un peu plus long. Arrivé au dortoir, j’avais trouvé au milieu de mes affaires et les inspectant une jeune femme, qui était une des animatrices du groupe. Mais loin de m’en fâcher, j’avais été flatté de l’intérêt qu’elle semblait ainsi me porter et ne lui avais donc fait aucune remarque. Une autre fois, assis comme mes camarades derrière un bureau d’écolier, je m’étais senti mal à l’aise à l’idée de ce que mon âge soit révélé à tous et un bouffée de réconfort m’avait envahi quand j’avais compris qu’il n’en serait rien.

Quand mon réveil a sonné, c’était la deuxième nuit du stage. Nous nous apprêtions à dîner et à dormir dans une auberge droit sortie de Harry Potter : notre dortoir était une longue chambre chaude et sombre aux murs couverts de lambris verts, de miroirs, de tableaux, où les lits, vieillots et couverts d’édredons, paraissaient profonds et douillets. Un groupe de filles (de femmes ? Tout cela n’est pas très clair ; peut-être les âges et les temps ont-ils varié au cours du rêve) m’avait proposé de dormir non loin d’elles et j’en étais heureux, ayant toujours préféré la compagnie des femmes à celle des hommes.

Franchissant une porte, nous étions entrés dans la salle à manger, elle aussi couvertes de bois et de lambris, pleine à craquer de visages spirituels et grimaçants, visages de magiciens et de sorciers, hommes, femmes, étonnés et rieurs de voir la surprise que nous ressentions à être au milieu d’eux.

C’est là que le réveil avait sonné, interrompant cette scène qui pourtant me plaisait bien.

Comme la vie ; ce stage est comme la vie, plein de surprises et d’imprévus.” me dis-je tandis que je reprenais conscience de moi-même.

8 réflexions au sujet de « Comme la vie (un rêve) »

    1. Bonjour, Evy. Il était très visuel, oui. Et il suivait un autre rêve, que j’avais eu la même nuit, qui était très différent et dont je me souviens aussi pour l’avoir noté au milieu de la nuit.

  1. Si ta vie est comme ce rêve, riche de foisonnements et d’imprévus, c’est vraiment une belle vie 😉 Je note au passage que tu dis avoir toujours préféré la compagnie des femmes à celle des hommes. Cela se voit dans la sensibilité de ton écriture mon ami.

    1. Bonjour, Catherine. Ce que je comprends du rêve, c’est exactement ce que tu dis : il y a dans la vie plein de choses qui apparaissent chaque jour : surprises, nouveautés, énigmes. Ces choses là étaient plaisantes dans le rêve ; elles devraient l’être aussi dans la vie. Prenons la vie comme un rêve et elle sera onirique.

    2. … Ma préférence pour la compagnie des femmes se sentirait ? Peut-être. Je crois qu’elle résulte de plusieurs choses : un amour des femmes ; un amour de la féminité et probablement une féminité que je porte en moi – mais peut-être essaierai-je un jour de clarifier cela.
      Merci de ta réflexion, Catherine.

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