110 km/h, le colibri et Jeanne

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Parmi les propositions de la Convention citoyenne pour le climat, l’idée de réduire de 130 à 110 km/h la vitesse maximale sur les autoroutes françaises, ce qui soulève une levée de boucliers. “C’est mal barré pour le climat” en déduisent certains, tandis que d’autres mettent en avant le peu d’efficacité d’une telle mesure au regard des enjeux.

On est dans cette contradiction des moyens et des fins que peuvent éclairer le colibri, cher à Pierre Rabhi et, plus encore, Jeanne.

Evidemment les quelques gouttes d’eau que transporte le bec du colibri jamais ne suffiront à éteindre l’incendie de la forêt. Mais en travaillant comme il peut, du peu qu’il peut, à cette extinction, le colibri fait sa part, ce qui lui ôte tout regret et change la dynamique des choses. Et peut-être une force nouvelle peut-elle naître de cela.


Et puis il y a Jeanne. Quelle prétention, de la part d’une paysanne ne connaissant rien au métier des armes, que de prétendre aider une armée à lever un siège, que de vouloir reconquérir un territoire, que d’ambitionner amener un roi à Reims pour s’y faire sacrer ! Et pourtant elle y arrive, tirant sa force immense de son immense faiblesse.

L’épopée de Jeanne illustre la puissance de l’émotion qui est ce qui transforme la faiblesse en puissance (et parfois le contraire). Car c’est justement parce qu’elle n’est rien que Jeanne peut être tout.

Mesurées dans leurs conséquences immédiates, il est rare que nos actions aient quelque importance que ce soit.  C’est dans leur développement et leurs conséquences secondes, dans ce qui naît de l’émotion qu’elles provoquent, que réside leur vertu.

Telle est l’aune, réfutée par les sceptiques, à laquelle il faut les apprécier.

De ce point de vue là, la question de la réduction de la vitesse maximale n’est pas tant celle de ses effets immédiats que celle de sa force symbolique et émotionnelle. Qui n’est pas nulle, mais pas très grande non plus.

5 réflexions au sujet de « 110 km/h, le colibri et Jeanne »

  1. Maux&Cris – Musiques, photos, livres, films et humains, tout cela m'intéresse et bien d'autres choses encore. De temps en temps, lorsque mon amie l'inspiration me frôle, j'écris un billet ici.
    Maux&Cris dit :

    La convention citoyenne a fait un super boulot, dont le passage de 130 à 110 km/h n’est pas le meilleur exemple.

  2. Moi, je suis favorable à cette limitation à 110 km/h sur les autoroutes. D’abord, il y a des pays (Canada, Corée du Sud, Suède, Finlande, Angleterre, Norvège (90 km/h !) Japon (100 km/h) … qui ont cette limite et qui ne s’en portent pas plus mal. Donc, ce n’est pas impossible. Ensuite, la voiture est devenue une drogue dure dont il est difficile de se sevrer. Il est même difficile de réaliser les concessions que l’humanité fait à la voiture.
    En revanche, cette limitation ne suffit pas. Il faut en parallèle d’autres manières et d’autres moyens de se déplacer. C’est certainement un changement culturel à long terme !
    Merci et belle journée à toi, Aldor.

    1. Aldor – Paris, France – Un Parisien qui blogue, Un deuxième improvise, Un troisième se promène, Un quatrième montre des images, Un cinquième écrit. Ce sont pourtant les mêmes : https://improvisations.fr, https://aldoror.fr, https://promenades.improvisations.fr, https://images.improvisations.fr, https://lignes.improvisations.fr, https://notes.improvisations.fr
      Aldor dit :

      Je suis entièrement d’accord avec toi, Gilles.

      Bonne journée !

  3. emotionsdefemme – Narbonne - France – J'ai eu un parcours professionnel atypique. Architecte urbaniste, restauratrice puis cadre commerciale, j'ai été frappée par une maladie neurologique fin 2013 qui m'empèche de dormir. J'ai profité de ces nuits blanches pour recommencer à dessiner et à écrire des poèmes qui traduisent mes « Emotions de femme. »
    emotionsdefemme dit :

    Certes baisser la vitesse sur les autoroutes est un pas, un petit pas de colibri comme tu le dis justement. Mais j’aimerai qu’on rêve en grand comme Jeanne, que l’on invente des super-tankers à voile et des avions sans gasoil … mais on y arrivera !
    Amitiés Aldor.

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