Il y a, dans la perception même de la goutte de pluie, serait-elle une larme, coulant lentement sur ma joue quelque chose de prodigieux, d’extraordinaire, de jouissif, quelque chose d’infiniment supérieur et meilleur que le rien.
Catégorie : Choses de la vie
Les choses belles ne survivent pas seules à la marée du temps. Comme des enfants, qu’elles sont car c’est de leur jeunesse qu’elles tiennent leur pouvoir, elles ont besoin d’être toujours encouragées, aidées, accompagnées pour ne pas rester en arrière, pour ne pas rester prisonnières du passé, pour demeurer vivantes ici et maintenant.
Il y a un charme singulier à saisir, puis découvrir, puis explorer chaque jour davantage, la richesse, l’inépuisable richesse de celles et ceux que l’on côtoie et dont chacune et chacun constitue un labyrinthe, un monde infini dont on sait seulement qu’on n’aura jamais le temps de le connaître, de le connaître jusqu’au bout pour autant qu’on ait la force, la force, la patience et le courage d’aimer.
On se rend compte, dans l’improvisation théâtrale, de l’abime insondable qui s’ouvre sous chacun de nos pas, de l’immense page blanche à remplir en quoi consiste, en chaque instant, la vie, la merveilleuse vie.
Alceste est lourd, sérieux ; il prend tout à coeur : les choses qui n’ont, au fond, aucune importance, comme les plus essentielles, ses affaires de cœur, justement, qui devraient alimenter sa joie mais qu’il assombrit et mine assidûment de sa lourdeur, de son sérieux, de son incapacité à « prendre une distance suffisante »
On parle de la même chose mais on ne dit probablement pas la même chose ; on ne dit certainement pas la même chose. C’est qu’il y a un abîme entre la parole qui s’est préparée, qui s’est apprêtée, qui s’est faite belle, et celle qui est livrée, extirpée, arrachée pat la violence, qu’elle soit celle des tenailles ou celle du sermon : l’une est libre, l’autre serve et soumise.
La joie est un élan, un mouvement, un saut de l’ange dans l’inconnu de la vie. Elle est cette pulsion créatrice dont le bonheur est comme la dérivée mathématique : un état calme et tranquille, une plénitude dont on jouit mais où tout s’apaise, rien ne venant y déplacer les lignes.
C’est ce tempérament de prédateur, cette avidité destructrice parce qu’incapable de s’autoréguler, que le test du marshmallow valorise : pourquoi se contenter du nécessaire quand on peut avoir le superflu ?
