Ainsi avons-nous tendance à donner plus d’importance au rendu des détails qu’à celui des couleurs, et à privilégier le contraste sur la nuance, le graphique sur l’estompé.
Catégorie : Théâtre
On se rend compte, dans l’improvisation théâtrale, de l’abime insondable qui s’ouvre sous chacun de nos pas, de l’immense page blanche à remplir en quoi consiste, en chaque instant, la vie, la merveilleuse vie.
Alceste est lourd, sérieux ; il prend tout à coeur : les choses qui n’ont, au fond, aucune importance, comme les plus essentielles, ses affaires de cœur, justement, qui devraient alimenter sa joie mais qu’il assombrit et mine assidûment de sa lourdeur, de son sérieux, de son incapacité à « prendre une distance suffisante »
Se mettre dans la peau d’une personne, c’est tenter l’expérience d’un lâcher-prise total durant lequel on se fie entièrement à ce que susurre, à ce que chuchote, à ce que hurle plutôt notre corps, ou plutôt le corps de cet être que nous essayons d’être, cet être que, magiquement, nous comprendrons probablement plus en le singeant qu’en l’étudiant, un scalpel et les ressources de l’esprit à la main.
Il y a un abîme entre ce qui était représenté à Avignon : des variations sur l’amour, la mort, le désir, l’espoir, la violence, les corps et la sensibilité, les corps, surtout, dans leur force, leur fragilité, leurs esquisses, leurs retenues, et la projection qui en était donnée sur la scène politique, où tout devient plus grossier, plus rigide, plus mécanique, plus vain.
