Faute de confiance en ma méfiance, la confiance n’arrive pas à naître

Written by Aldor

J’étais hier dans un supermarché quand, comme cela m’arrive souvent, une femme s’est approchée de moi pour me demander de l’argent. Elle n’en avait pas assez pour acheter ce dont elle avait besoin et portait dans ses bras un paquet de couches-culottes.

Je lui ai immédiatement donné quelques euros mais elle est revenue à la charge, me demandant si je ne pouvais pas lui en donner plus, ce que j’ai fait.

Elle m’a nouveau demandé si je ne pouvais lui en donner plus encore, et j’ai répondu par la négative.

Ce genre de situation me met mal à l’aise, et il en va de même de ma réaction, qui traduit une incertitude que je n’arrive pas à dépasser. Car je commence à donner, agissant comme si j’étais confiant, puis vient un moment où la méfiance et où la crainte qu’on ne se moque de moi, qu’on n’abuse de ma gentillesse, l’emporte.

Mais mon attitude, du coup, n’est pas rationnelle. Si j’ai peur que la personne en face de moi ne cherche qu’à m’exploiter, c’est dès le début que je devrais refuser. Et si au contraire je la crois, c’est tout mon porte-monnaie que je devrais lui verser dans les mains, à l’exception des sommes dont j’ai moi-même besoin.

Mais je reste dans le mi-chemin, dans un geste qui commence et ne se termine pas, gardant vers devers moi une impression de malaise.

A la réflexion, je pense que c’est parce que je ne fais pas suffisamment confiance à ma méfiance qu’une vraie confiance n’arrive pas à naître. Et c’est cela que je dois apprendre à développer et à maîtriser : avoir plus confiance en ce que je ressens, en la première impression que j’aie –  qui hier n’était pas positive. Et une fois sûr de moi, agir en conséquence.

Et apprendre à développer cela tout en conservant, en même temps, une certaine humilité parce qu’on peut toujours se tromper.

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