Improvisations

Foin des préparations et des textes pensés ! Voici des mots cueillis aux lèvres.

Ne pas mentir

Une des règles de vie données par Georges Gurdjieff et recueillies par Reyna d’Assia est d’une grande banalité. Elle consiste à ne pas mentir.

Ne pas mentir, cela peut paraître une règle simple. Mais dès lors qu’on l’applique jusqu’au bout, complètement, sans faire d’impasse sur telle ou telle situation particulière,  elle peut s’avérer plus compliquée à mettre en oeuvre qu’on ne pouvait d’abord le croire.

Il m’arrive ainsi de partir tardivement au bureau le matin – ce qui n’a strictement aucune importance car je travaille en grande partie à la maison et chacun le sait. Il m’arrive donc de ne pas être à la première heure au travail et nul ne s’en émeut.

Et pourtant, lorsque cela m’arrive et que, descendant en vélo la rue de Grenelle, je rencontre un bouchon, des travaux, un bus ayant du mal à tourner la rue du Bac, quoi que ce soit d’imprévu et d’extérieur qui freine ma progression, la première idée qui me vient à l’esprit, de façon quasi-systématique, est : « Ah ! Eh bien j’expliquerai que j’arrive tard à cause de cela ! » – ce qui est évidemment un mensonge éhonté, un prétexte que je sais parfaitement être totalement fallacieux.

C’est ce mensonge qui me vient d’abord à l’esprit, comme une pensée réflexe qui jaillit dans ma tête. Heureusement, je ne cède pas, ou plus, depuis longtemps, à la tentation ; à peine l’idée de prétexter cette fausse excuse a-t-elle surgi que je l’écarte. Il n’empêche : c’est d’abord elle qui a surgi et il m’a fallu l’écarter.

Cette tentation apparaît alors qu’il n’y a, en toile de fond, aucun enjeu, aucune menace, aucun péril, rien qui pourrait même expliquer l’intérêt d’un mensonge. Et pourtant, l’idée du mensonge est là, droit dans ses bottes, toujours vaillante, venant percuter mes pensées comme un diable sortant de sa boîte.

Qu’en serait-il s’y avait vraiment péril ? S’il y avait vraiment un enjeu ?

Je me pose la question…

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6 Comments

  1. Joëlle 23 janvier 2017

    Mentir pour protéger les autres, ça c’est acceptable.

    • Aldor 23 janvier 2017 — Post Author

      Bonjour, Joëlle.

      J’en étais certain. Je le suis un peu moins aujourd’hui.

  2. laboucheaoreille 2 février 2017

    Il y a aussi les omissions, quand on ne dit pas toute la vérité, est-ce une forme de mensonge ? Jusqu’où faut-il dire la vérité ?

    • Aldor 2 février 2017 — Post Author

      Bonjour,

      Ça dépend des cas, certainement. Mais il y a des circonstances dans lesquelles mentir par omission est clairement un vrai mensonge. Je pense qu’on peut le sentir à ce qu’on en retire. Si l’omission nous permet d’être plus tranquille et plus confortable que la révélation, c’est probablement un vrai gros mensonge…

      • laboucheaoreille 2 février 2017

        Oui, je suis d’accord avec vous, en même temps c’est humain de préférer sa tranquillité plutôt qu’aller au devant des ennuis …
        J’avais oublié de vous dire « bonjour » : Bonjour, donc 🙂

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