C’est l’intention qui compte…

Written by Aldor

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« C’est l’intention qui compte« . Je songeais à cette expression tandis que je repensais, hier, à ce que j’avais dit de la casuistique. C’est en effet la même idée qui est en jeu. Et je me suis rendu compte, à cette occasion, que j’avais probablement toujours mal compris cette expression qui ne vise ni à faire pardonner les erreurs ou les accidents (je voulais te faire un cadeau, mais les magasins étaient fermés), ni à prendre le contrepied de l’éthique de responsabilité de Max Weber (je voulais libérer le peuple mais le poids des choses m’a conduit à causer des millions de morts), et encore moins, sur le fond, à justifier l’espèce de lâcheté ou d’inconséquence qui explique le hiatus séparant souvent l’idée de l’action de l’action elle-même (je voulais écrire cette lettre, mais finalement, j’ai regardé la télévision).

« C’est l’intention qui compte » doit être compris comme signifiant que deux actions strictement identiques peuvent cependant être totalement différentes, sans rapport l’une avec l’autre, dès lors que l’intention qui a guidé l’action diffère de l’une à l’autre : les mêmes gestes ont été faits, les mêmes paroles prononcées ; en apparence, c’est la même chose, et pourtant, rien n’est pareil… Cela vaut pour les actions réalisées comme pour les actions subies, pour les dons offerts comme pour les dons reçus, pour les paroles prononcées comme pour celles qui sont tues, pour tout. La nature, le sens, la vérité, le caractère légitime ou illégitime de notre comportement dépend entièrement de l’intention qui l’anime.

On revient ainsi à ce que dit Saint-Augustin, et dont je parlais hier, dans le septième commentaire sur la première épître de Saint-Jean (8) :

« Ainsi, voilà une fois pour toutes le court précepte qu’on te dicte : « Aime et fais ce que tu veux ». Si tu te tais, tu te tais par amour ; si tu cries, tu cries par amour ; si tu corriges, tu corriges par amour ; si tu épargnes, tu épargnes par amour. Qu’au dedans se trouve la racine de la charité. De cette racine, rien ne peut sortir que de bon. ».

Reste évidemment, lancinante, la difficulté fondamentale : comment juger de la qualité de l’intention ? Il y faut, comme dit Cléa, une épiphanie.

On pourra lire aussi, à ce propos :

  • https://www.google.fr/amp/s/lesvendredisintellos.com/2012/12/20/cest-lintention-qui-compte-non-mini-debriefing/amp/
  • http://www.instantspresents.com/cest-lintention-qui-compte

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