Effacement, transparence, objectivité

Written by Aldor

Katia me parlait l’autre jour de l’effacement et m’en disait les vertus. Ce discours me causait de la crainte et de la gêne. Je voyais dans cet éloge de l’effacement une sorte d’appel à la disparition et au refus de soi-même qui me paraissait contre nature. Mais j’avais probablement tort. L’effacement dont parlait l’aimée n’est pas disparition ou anéantissement ; il est plutôt de l’ordre de la transparence : s’effacer non pour disparaître mais pour ne plus se voir, pour ne plus regarder son nombril et ne voir toute choses qu’en fonction de cela. Devenir transparent non pour nier son être mais pour devenir capable d’observer le monde, les choses et les êtres de façon objective et impartiale, en faisant abstraction de soi-même.

Entre cet effacement, l’humilité, le détachement, l’attention et le moment présent, c’est toujours la même chose qui est en jeu : notre capacité à être totalement tourné vers ce qui est réellement là, à cet instant, à ces paroles que nous entendons, à ce devoir que nous faisons, à ce spectacle qui s’offre à nous. Etre là et non ailleurs, ouverts au monde qui est et non à nos souvenirs du monde qui fut ou à notre nostalgie de ce qu’il aurait pu être, attentifs à l’autre dans sa singularité – et non à ce qui en nous murmure inlassablement, couvrant tout de son babillage.

Cet effacement, qui est l’objet de cet enregistrement du matin, c’est un autre nom pour l’attention, pour l’ouverture, et au bout du compte pour l’amour qui est, pour partie, abstraction de soi. 

C’est ainsi que, peu à peu, se mettent en place les différentes pièces du puzzle, pièces dont dont on se rend progressivement compte qu’elles sont toutes identiques malgré leurs noms distincts.

Mais il est tellement difficile, parfois, de mettre cela en oeuvre, tellement difficile, déjà, pour certains du moins, de le comprendre !

Alors, quand une petite illumination jaillit d’une conversation nocturne, la journée n’a pas été perdue !

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