Qui veut noyer son chien l’accuse de la rage

Written by Aldor

 

“Qui veut noyer son chien l’accuse de la rage”, dit le dicton.

Mais la vérité est parfois plus cruelle. Qui veut noyer son chien pense qu’il a la rage, devrait-on plutôt dire. Car le plus souvent, c’est nous qui projetons nos sentiments négatifs sur les autres. Et ce que nous leur reprochons, c’est le plus souvent ce que nous portons en nous.

Encore un de ces retournements sur lesquels est bâti le monde !

De cette projection, sort une construction en abyme : je me projette sur l’autre, qui se projette sur moi, dans un jeu de miroir incessant, et qui s’emballe et qui n’en finit pas. “- C’est toi !”, dit l’un ; “- Non !, répond l’autre, c’est toi !”, et le temps passe ainsi, de renvoi en renvoi.

On ne peut s’échapper de ce naufrage qu’en sortant de la boucle, du maelstrom qui tout engloutit. En décrochant, en s’éloignant, en parlant autrement, en agissant, en se réfrénant et en s’obligeant à ne pas aller jusqu’au bout, à ne pas épuiser ce qui nous apparaît comme notre bon droit. Une sorte de clémence.

Un geste d’amour.

Comments: 5

  1. Oui, vous avez raison, le mécanisme de projection est important en psychologie. Il m’est déjà arrivé qu’on me prête des mauvaises intentions (qui n’existaient pas dans la réalité) et dans ces cas là, plutôt que de tenter de me défendre (ce qui, je pense, serait inefficace), je crois qu’il vaut mieux prendre ses jambes à son cou, quitte à laisser le malentendu persister.

    • Aldor says:

      Prendre les jambes à son coup… avec les personnes qui ne sont pas particulièrement importantes à vos yeux.

      Avec celles qui comptent, mieux vaut essayer de sortir du cercle par le haut. En tendant l’autre joue – ou quelque chose d’équivalent. Je crois, du moins.

      • Oui, mais avec les personnes qui comptent les malentendus se dissipent plus aisément car il y a une bienveillance déjà à la base, un a priori positif.

  2. En effet les relations humaines sont si souvent, surtout dans les conflits, un jeu de miroir où l’un se projette sur l’autre et peut être vice-versa … Cela m’est arrivé il y a peu de temps. J’ai décidé de mettre fin à une relation amoureuse, et lui dans son incompréhension, sa douleur sans doute m’a prêté toutes sortes d’intentions malveillantes … Il réagissait ainsi avec son propre égo blessé, par rapport à ses propres fragilités. Pour ne pas le peiner d’avantage je l’ai laissé penser qu’il avait raison, et oui je crois bien que c’est un acte de clémence voire d’amour …

    • Aldor says:

      La difficulté est qu’on est souvent dans un jeu de miroirs où toute accusation peut être retournée. Et on ne peut jamais vraiment savoir qui a raison ou ui a eu raison…
      La seule solution, peut-être (car on ne peut être sûr de rien en ce genre de choses) est de ne pas chercher le respondable mais de chercher une porte de sortie. Quitte à se donner les apparences du coupable.

      Oui, Catherine, c’est souvent un acte d’amour que d’agir ainsi.

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