Et toi, que veux-tu faire, plus tard ?

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Et toi, qu’est-ce que tu veux faire, plus tard ?” – demandait-on l’autre jour à mes enfants, qui, évidemment, ne savaient quoi répondre.

La question m’aurait-elle été posée, je serais également resté muet. Qu’est-ce que je veux faire plus tard ? Je n’en sais rien. Il y a plein de choses que je voudrais faire demain. Et m’en demander d’en choisir une, de réduire la diversité à une unité, c’est demander l’impossible.

D’autant plus que, le plus souvent, derrière la question du Faire se profile, insidieusement, celle de l’Etre, qui transparaît dans la suite de la conversation et dans les avis qui, à peine la question laissée sans réponse, fusent sans que rien n’ait pourtant été demandé : “Ah !  mais je te verrai bien être ceci ! ” ou “Ah ! j’ai toujours pensé que tu serais cela !“. Et voici la nudité de l’enfance revêtue de force d’un uniforme ou d’une armure collante.

Qu’il faille, un jour, quitter (provisoirement) l’école pour gagner sa vie, peut-être est-ce une nécessité (cela le sera-t-il d’ailleurs toujours ? ça n’est pas certain) et c’est d’ailleurs très bien. Mais qu’on nous demande de considérer cette profession comme l’horizon de nos désirs et, a fortiori comme une définition de notre être, quel gâchis ! quelle réduction !

Il y a tant de choses passionnantes à faire dans cette vie pas si longue et si peu qui ne le soient pas pour autant qu’on prenne la peine de se pencher sur elles avec attention. Et puis il y a tant de choses qui, chaque jour, jaillissent du temps qui surgit et qu’on ne saurait, à l’avance, prévoir. Et il faudrait, malgré tout cela, avec tout cela, savoir dire aujourd’hui la chose qu’on veut et vers laquelle, de toutes nos forces, il faudrait s’engager ? Quelle étrange conception !

Je ne sais pas ce que je veux faire plus tard. Plein de choses ! Que je n’aurai aucun regret de ne pas avoir faites si je ne les fais pas car j’aurais fait mille autres choses.

 

11 réflexions au sujet de « Et toi, que veux-tu faire, plus tard ? »

  1. C’est une question pas facile même jusqu’à l’adolescence car ça impact toute UNE vie. D’ailleurs, à l’heure actuelle, il y a combien de jeunes qui rebondissent sur une autre formation. BELLE journée

    1. Aldor – Paris, France – Un Parisien qui blogue, Un deuxième improvise, Un troisième se promène, Un quatrième montre des images, Un cinquième écrit. Ce sont pourtant les mêmes : https://improvisations.fr, https://aldoror.fr, https://promenades.improvisations.fr, https://images.improvisations.fr, https://lignes.improvisations.fr, https://notes.improvisations.fr
      Aldor dit :

      Oui, Cat, tu as raison. Et il ne suffit effectivement pas de dire “On donne trop de poids à ça” pour résoudre l’anxiété de ceux dont on exige une réponse…

  2. Y a-t’il seulement quelque chose que je VEUILLE faire ? J’en vois bien qui me tentent. Quant à m’investir dans le vouloir, j’y perdrais sûrement un bout de moi-même. Merci bien, Aldor, pour ce touillage de neurones.

    1. Aldor – Paris, France – Un Parisien qui blogue, Un deuxième improvise, Un troisième se promène, Un quatrième montre des images, Un cinquième écrit. Ce sont pourtant les mêmes : https://improvisations.fr, https://aldoror.fr, https://promenades.improvisations.fr, https://images.improvisations.fr, https://lignes.improvisations.fr, https://notes.improvisations.fr
      Aldor dit :

      🙂

  3. C’est bien simple, à 23 ans je ne sais toujours pas ce que je veux faire. Je sais déjà un peu mieux ce que je ne veux pas faire, précisément.
    Sinon je suis assez clair sur toutes les choses qui me donnent envie, mais où me focaliser ? On verra bien…Probablement au croisement de toutes.

    Belle conclusion, très juste.

    1. Aldor – Paris, France – Un Parisien qui blogue, Un deuxième improvise, Un troisième se promène, Un quatrième montre des images, Un cinquième écrit. Ce sont pourtant les mêmes : https://improvisations.fr, https://aldoror.fr, https://promenades.improvisations.fr, https://images.improvisations.fr, https://lignes.improvisations.fr, https://notes.improvisations.fr
      Aldor dit :

      Oh… 23 ans… Il peut arriver que, même un peu plus tard, la question reste une question… 🙂

    2. Aldor – Paris, France – Un Parisien qui blogue, Un deuxième improvise, Un troisième se promène, Un quatrième montre des images, Un cinquième écrit. Ce sont pourtant les mêmes : https://improvisations.fr, https://aldoror.fr, https://promenades.improvisations.fr, https://images.improvisations.fr, https://lignes.improvisations.fr, https://notes.improvisations.fr
      Aldor dit :

      Oh… il arrive même parfois que la question reste d’actualité bien des années après 23 ans… Et il n’y a pas forcément à s’en lamenter.
      🙂

  4. Cléa Cassia – Écrivaine, blogueuse, autodidacte en beaucoup de choses et surtout en vie. Retrouvez mon premier livre, "Dissections émotionnelles tome 1 : Mourir de vivre" sur The Book Edition : http://www.thebookedition.com/fr/dissections-emotionnelles-tome-i-p-345190.html
    Cléa Cassia dit :

    Cette question, qui fait malheureusement partie du panel de questions bateau que l’on aime bien poser aux enfants, est très révélatrice de la place qu’a le travail dans la société : il définit qui l’on est.
    Il faut savoir *être* en dehors de sa profession… ce qui reste un problème pour beaucoup de gens, pour toutes sortes de raisons.

    1. Aldor – Paris, France – Un Parisien qui blogue, Un deuxième improvise, Un troisième se promène, Un quatrième montre des images, Un cinquième écrit. Ce sont pourtant les mêmes : https://improvisations.fr, https://aldoror.fr, https://promenades.improvisations.fr, https://images.improvisations.fr, https://lignes.improvisations.fr, https://notes.improvisations.fr
      Aldor dit :

      Je suis tout d’accord avec toi, Cléa.

  5. Joëlle – (Please keep on reading for details in English) Pendant trop longtemps, mon mari a été soigné pour de l'asthme, des allergies saissonnières, des yeux larmoyants et des migraines... jusqu'au jour où nous avons changé d'alimentation, éliminé gluten, produits laitiers et surtout tous les additifs, en particulier les sulfites. J'ai dû réinventer ma cuisine, ce qui m'a incité à faire ce blog où je partage les recettes qui fonctionnent pour nous. Bonne cuisine à tous! For too many years, my husband was treated for asthma, seasonal allergies, watery eyes and migraines... until we changed our diet, eliminating gluten, dairy products and most of all any type of additive, in particular sulfites. My cooking had to change, which in time pushed me to start this blog where I share the recipes that work for us. Happy healthy cooking everyone! Note: many of these recipes are now available on http://sulfitefreecooking.wordpress.com
    Joëlle dit :

    Au vu de l’évolution rapide de nos sociétés, cette question n’a plus de sens: on y attend une réponse unique alors qu’elle a de fortes chances d’être multiple. Cela peut être angoissant mais être aussi considéré comme une chance. Et l’angoisse peut se réveiller quand on atteint la retraite: ce n’est pas mon cas, grâce à mon temps plus libre j’ai pu enfin apprendre à jouer du piano, par exemple, mais c’est celui de ma Moitié, qui a pourtant bien mérité de prendre une pause: « Que vais-je faire maintenant? » est devenue La Question existentielle.

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