Le malentendu


 

Petit malentendu, hier soir, avec l’aimée, qui n’a trouvé son dénouement que quand l’un des deux a essayé de comprendre ce que l’autre pouvait bien vouloir dire.

Très souvent, c’est justement quand on essaye de comprendre ce que l’autre a bien pu vouloir dire qu’on fait naître l’incompréhension. Parce qu’au lieu de lire ce qui a été écrit et d’écouter ce qui a été dit, on plaque sur la pensée de l’autre et sur ses sentiments nos propres pensées, nos propres sentiments.

Mais, parfois, comme hier, c’est le contraire. Il se passe alors ce que dont Michel Serres parle, dans La légende des Anges, quand il évoque les conversations véritables, les vraies communications, les vrais éch-anges : on arrive, de façon presque miraculeuse, dans le déhanchement du corps et de la tête qui se portent vers l’autre, vers sa voix et sa bouche, dans le déhanchement plus subtil de l’esprit qui devient tout attention, à accueillir sa pensée, avec sympathie et empathie.

Et le malentendu, alors, qui se nouait, se dénoue.

Essayer de comprendre l’autre est ainsi une de ces choses ambiguës dont le sens, la portée et au fond la qualité varient du tout au tout selon la façon dont il est procédé. Ça n’est même pas l’intention, ici, qui est en cause, mais plus simplement la manière.

La manière qui change tout.

2 réflexions au sujet de « Le malentendu »

  1. tout à fait d’accord avec toi, c’est la manière qui compte. Pour exemple, alors que notre relation était respectueuse et correcte, mon fils est parti en “fuyant” car je ne voulais pas entendre ses arguments sur le fait qu’il voulait arrêter sa formation. Lui non plus n’a pas voulu entendre mes craintes légitimes de mère. Cela crée forcément une distorsion énorme qui mettra du temps à se réparer. C’est dommageable mais dans ce cas présent, il m’aurait été difficile de faire autrement sur le coup. Maintenant, j’ai compris, je le laisserai Etre complètement. Dans ma famille, je ne suis jamais entendue pour ce que je suis, au moment où je le dis. Je suis toujours auréolée de ma rébellion d’antan, donc forcément, ce que je vais dire est de la bouffonnerie. Bref, ce n’est pas facile quand l’affect est en ligne de mire. Je réussis nettement mieux dans le cadre du travail par exemple 🙂 Bonne semaine

  2. Carolle et Serge Vidal-Graf, deux gestalt thérapeutes de Bruxelles, probablement à la retraite maintenant, enseignent une forme simple de communication dans le couple, l’écoute silencieuse. Une recherche sur la toile avec un navigateur donne des pistes. Ma femme et moi l’avons utilisée fréquemment, systématiquement et peut-être une fois par semaine pour commencer. Avec le temps et la pratique, la technique nous revient automatiquement et instantanément en cas de besoin aigu. Est-ce que notre entente est parfaite ? Certes non, ni au sens propre si au sens figuré ! Au moins n’avons nous pas le sentiment de ne pas être entendus quand cela nous est essentiel …

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