Le superflu et l’essentiel

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Conversation décousue avec Katia à propos de différents passages de la Lettre à un otage, d’Antoine de Saint-Exupéry, dont je reparlerai.

Et puis, ce matin, repensant à cela, un éclair qui se fait dans ma tête : les choses superflues ne sont pas nécessaires. Mais l’utile n’est pas exactement le nécessaire et il peut y avoir des choses qui ne sont pas nécessaires et qui sont pourtant utiles. Et parmi elles, des choses superflues, qui ne sont absolument pas nécessaires mais qui pourtant sont utiles.

Qu’on change un peu d’angle de vue – ce fut l’expérience de ce matin -, et une autre perspective se dessine : il y a des choses qui ne sont pas nécessaires et qui, cependant, sont non seulement utiles mais essentielles. Et parmi elles, des choses superflues, dont on peut absolument se passer et qui pourtant sont tout parce qu’elles donnent sens aux choses : le sourire, par exemple : rien de moins nécessaire que le sourire. Et pourtant, “la qualité d’un sourire peut faire que l’on meure“. Ou le sel, dont la pincée jetée sur le mets est simplement ce qui lui donne saveur.

Or nous aimons tellement mettre les choses en boîtes et les idées bien plus encore – j’en parle évidemment pour le savoir – que sous prétexte qu’un grand nombre de choses superflues – peut-être leur très grande majorité – sont inessentielles, nous considérons souvent – à tort – la totalité des choses superflues comme inessentielles. C’est ce qui me gêne dans une certaine pensée écologique (ou écologiste ?), ou encore dans la pensée de Henry David Thoreau : ce rejet absolu des choses superflues au motif que, non nécessaires, elles seraient inessentielles et nous encombreraient, nous entraveraient.

Or il y a, parmi les choses inutiles et les choses superflues, des choses essentielles. Et peut-être même les choses les plus essentielles sont elles superflues. On pourrait vivre sans elles mais sans elles, la vie ne vaudrait pas d’être vécue.

4 réflexions au sujet de « Le superflu et l’essentiel »

  1. Baudelaire disait qu’on peut se passer de pain mais pas de poésie (je n’ai plus en tête la citation exacte mais c’est à peu près ça). Ce qui est utile, nécessaire, ou indispensable est en fait très variable selon les individus, je crois …

  2. Sylvie Ge – Nouvelle-Zelande, Grande-Bretagne, Canada, etc. – I find inspiration from different forms of poetry (White, haiku, Prynne ) and everyday life to feed this experimental blog. I have devoted my time to writing and poetry since 2015, after working as an academic at the University of Canterbury from1995. Photos are mine unless stated otherwise. Canon digital. Je m'inspire librement de differentes formes de poesie (White, haiku, Prynne) et du quotidien pour alimenter ce blog de poesie visuelle. Je me consacre maintenant entierement a l'ecriture, apres avoir quitte la vie universitaire (Universite de Canterbury) en 2015. Les photos sont les miennes, sauf indication contrary. canon digital
    Sylvie Ge dit :

    J’aime particulierement la conclusion

  3. Paul Philbée – Vous trouverez des textes que j'écris au fil de l'eau. Je leur associe mes photos. Ce n'est pas ma vie, n'allez pas imaginer cela ! C'est un amalgame tiré de mes pensées à un moment donné.
    Paul Philbée dit :

    Merci de rappeler qu’on est nombreux à l’être !

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