La valeur des choses

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C’est mon ami Rémy, dans ces longues discussions que nous avions, il y a bien longtemps, au retour du lycée, qui m’avait fait observer que, dans nos sociétés, nous étions prêts à payer très cher des choses accessoires : un gadget technologique, un bijou, une voiture, un voyage à l’autre bout du monde, mais étions en revanche très réticents à payer – et parfois à payer quoi que ce soit – pour des choses indispensables : des soins de santé, une eau pure, un environnement non dégradé ou – comme l’observe ce matin le Chat du pasteur, un accompagnement ecclésial (pour ceux qui le désirent).

Il y a plein de raisons qui justifient cela et certaines sont excellentes : l’Etat-providence, l’idée qu’il serait intolérable et profondément injuste que, face aux accidents de la vie, le pauvre soit pénalisé par sa pauvreté et le riche sauvé par sa richesse, le sentiment que ce qui est indispensable, il ne faut pas avoir à payer pour l’avoir; cela doit nous être donné.

Il n’empêche. Nous avons tellement pris l’habitude d’évaluer la valeur des choses au prix que nous sommes prêts à y mettre que le faible prix des choses indispensables peut parfois se retourner contre elles, comme les services publics gratuits, que certains considèrent du coup comme étant sans valeur : puisque c’est gratuit, ça ne vaut rien.

Tout cela est parfaitement compréhensible.

Peut-être faut-il, pour renouer le lien avec le monde, lui rendre sa vraie valeur, redonner son vrai prix à une nature intacte. Et peut-être est-ce là aussi un autre défi de la transition écologique.

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3 Comments

  1. 8 avril 2019
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    Il n’y a pas si longtemps, j’entendais un écologiste convaincu et professionnellement en contact avec la dégradation de l’environnement dire qu’il faudrait donner un prix à la tonne de CO2 et à la tonne d’air respirable. Je suis heureux de m’en être éloigné !
    Merci, Aldor.

    • 8 avril 2019
      Reply

      Ah ! Mais il n’est pas forcément idiot, Gilles, de donner un prix à la tonne d’air respirable – ce qui revient à faire payer la tonne de carbone…

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