Aliénation et avidité

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Au début du Voyage de Chihiro, les parents de la petite fille trouvent un restaurant désert mais rempli de victuailles fumantes. Ils s’attablent, s’empiffrent et se goinfrent, mangent comme des porcs et deviennent des porcs.

C’est une image d’une des formes multiples de l’aliénation : quand on est animé par l’avidité, par le désir irrationnel, orgiaque, ogrique, d’attraper et d’avaler tout ce qui est à notre portée sous prétexte que c’est là,  disponible, on n’est plus nous même : à vouloir à tout prix posséder quelque chose (ou un être), on finit par être possédé par cette chose ; à vouloir tout posséder, on n’est plus rien ; on se perd nous-même.

La sobriété est une réponse à cette forme d’aliénation que la société de consommation a non pas provoquée (pas besoin d’elle ; nous sommes bien assez grands !) mais encourage généreusement. Être sobre pour rester nous-même, pour ne pas nous faire happer par la machine de la dispersion, du toujours plus, du grand avalage, qui nous transforme en créature flottante, en Zelig, en zombie, en pantin.

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