
7 octobre 2023 : jour de drame, de massacre, de terreur. Jour de drame qui vint après d’autres drames et que d’autres drames suivirent et suivent encore. Jour de drame qui ne fut pas le seul, qui ne fut ni le premier, ni le dernier ; mais qui n’en reste pas moins un jour singulier, parce que particulièrement atroce dans ses modalités.
Ils ont raison, ceux qui disent qu’aussi terrible et mortifère qu’elle ait été, la guerre d’anéantissement menée à Gaza par l’armée israélienne ne relève cependant pas de la même catégorie que ce qui fut fait le 7 octobre par le Hamas. Ils ont raison mais cette distinction, indiscutable, ne doit pas oblitérer la mort et la désolation communes, la douleur pareillement éprouvée, le deuil partagé.
Il y a des gens qui refusent de reconnaître que le 7 octobre fut un jour de drame au motif qu’il ne fut ni le premier ni le dernier. Et d’autres qui, au motif que ce fut un jour de drame particulier, refusent de voir ce qui le précéda et ce qui le suivit. Ces personnes, et les réseaux sociaux qui, algorithmiquement, renforcent leurs œillères, les transformant en murs aveugles et infranchissables ; ces personnes forgent les anneaux de la chaîne sanglante, contribuent à rendre les choses irrémédiables, tissent méthodiquement le linceul de la paix. Beaucoup, sans doute, le font sans le vouloir, parce qu’il est plus simple de trouver sa place dans un monde où les gentils s’opposent aux méchants ; d’autres laissent faire parce que l’horreur et la vengeance ont laissé de part et d’autre des marques trop profondes pour qu’il semble possible de sortir du cauchemar, que les forces à l’œuvre paraissent trop puissantes, trop irrépressibles pour pouvoir être arrêtées ; certains enfin poussent à la roue parce que la peur et la haine sont le terreau de leur attrait, de leur pouvoir, de leur fonds de commerce.
Des femmes et des hommes, ici et là ; des femmes et des hommes ont pourtant choisi, et dès avant le 7 octobre, de ne pas céder aux sirènes du désespoir, de ne pas se laisser enfermer dans cette impasse et d’œuvrer ensemble à reconstruire le chemin. De telles femmes et de tels hommes, il y en a sûrement dans plusieurs mouvements, plusieurs cercles, plusieurs lieux, mais je ne puis parler que de celles et ceux que je connais, qui sont réunies au sein de l’association Les Guerrières de la Paix.

Depuis 2022, sous l’impulsion d’Hanna Assouline, les Guerrières de la Paix luttent contre toutes les formes de haine qui traversent la société française, et notamment le racisme, l’antisémitisme, l’islamophobie, la haine anti-LGBT et tous les ostracismes.
« Au-delà de nos frontières, nous sommes mobilisées partout où les droits des femmes sont menacés et les droits humains bafoués. Ukrainiennes, Ouïghoures, Iraniennes, Palestiniennes, Israéliennes, Russes, Rwandaises, leurs combats sont aussi les nôtres. »
Dans le conflit israélo-palestinien, les Guerrières de la Paix ont été un des promoteurs de l’Appel de Paris pour la solution à deux Etats du 13 juin 2025, prélude de la Déclaration de New York sur le règlement pacifique de la question de Palestine et la mise en œuvre de la solution à deux États, qui fut endossée le 12 septembre 2025 par l’Assemblée générale des Nations unies. C’est un chemin semé d’embûches dont nul ne sous-estime la difficulté, un sentier ardu mais où se dessine une issue.

En ces temps de règne d’un virtuel qui se nourrit de l’affrontement, c’est dans la rencontre des individus et des humanités concrètes que les liens peuvent effectivement se retisser. C’est à ce retissage patient que participent les Guerrières de la Paix, aussi bien au Proche-Orient qu’en France, en faisant dialoguer et travailler ensemble, là-bas comme ici ou à Essaouira, les bonnes volontés qui ne se résolvent pas à perdre espoir.
« Le dialogue est un acte politique : il est urgent de reconstruire des espaces de rencontre, dʼécoute et de dialogue apaisé, ancrés dans la mémoire et la reconnaissance des vécus pluriels. Notre engagement démocratique et le travail quotidien avec les militantes et militants nous ont appris que le dialogue ouvre des chemins là où les divisions semblent irréconciliables. »

Il y a à faire, beaucoup à faire, notamment en France où le conflit israélo-palestinien, l’islamophobie et surtout l’antisémitisme ont été, depuis le 7 octobre, instrumentalisés et banalisés.
Mais faire vivre et prospérer le dialogue, aller dans les écoles, organiser des rencontres et des événements, cela demande des moyens. C’est pourquoi les Guerrières de la Paix lancent, avec leur partenaire Charidy, une campagne nationale de collecte de dons pour soutenir leur action et permettre leur poursuite en France et à lʼinternational.
J’ai proposé, avec d’autres, de relayer cette campagne.
Il s’agit :
– de contribuer à la tenue de la 3e édition du Forum Mondial des Femmes pour la Paix qui se réunira en novembre 2026 à Essaouira ;
– de multiplier les espaces de dialogue en France, à Paris, Marseille, Bruxelles et au sein des différentes sections régionales ;
– de développer les actions auprès de la jeunesse, avec des formations et interventions en milieu scolaire, des voyages autour des enjeux de mémoire et des projections-débats ;
– de poursuivre les actions de plaidoyer politique et d’échanges entre les sociétés civiles et les décideurs publics en faveur de la paix au Proche-Orient, à travers la mobilisation de parlementaires, l’organisation de conférences internationales et des recommandations politiques pour une mise en œuvre concrète de la solution à deux États.
Il s’agit plus généralement de pérenniser le mouvement et son déploiement, afin que les actions initiées ces dernières années puissent s’inscrire durablement dans le temps.
Cela, évidemment, ne suffira pas à établir la paix et la concorde. Les Guerrières de la Paix ne sont pas une panacée. Nous n’avons ni gomme magique pour effacer l’horreur et les douleurs, ni baguette magique pour rebâtir les ruines et rétablir la confiance. Mais cela y contribuera, du moins peut-on l’espérer. Et pour cela, chaque don, chaque geste, chaque partage compte.
Merci.
Pour participer, c’est ici.
Ni haine ni division : la solidarité en action.

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