Et finalement, je trouve cela assez sain, et même assez plaisant, de construire, dans le temps, pas à pas ; de façonner ce qui sera dans le mouvement même de cette danse tangueuse et alambiquée ; de se laisser aller au rythme et au tempo qui naîtront d’eux-mêmes, qui émergeront peu à peu ; de laisser place, espace et liberté à cette chose inconnue qui émerge plutôt que de cueillir une fleur déjà éclose.
Catégorie : Emotions
Il y a un charme singulier à saisir, puis découvrir, puis explorer chaque jour davantage, la richesse, l’inépuisable richesse de celles et ceux que l’on côtoie et dont chacune et chacun constitue un labyrinthe, un monde infini dont on sait seulement qu’on n’aura jamais le temps de le connaître, de le connaître jusqu’au bout pour autant qu’on ait la force, la force, la patience et le courage d’aimer.
Alceste est lourd, sérieux ; il prend tout à coeur : les choses qui n’ont, au fond, aucune importance, comme les plus essentielles, ses affaires de cœur, justement, qui devraient alimenter sa joie mais qu’il assombrit et mine assidûment de sa lourdeur, de son sérieux, de son incapacité à « prendre une distance suffisante »
La vue, comme la dextérité peut-être, est rationnelle et méthodique : elle classe, organise, analyse et compare ; les autres sens, brouillons et brumeux, vibrent en nous par resonance, par harmonie, comme le ferait une diapason planté dans notre cœur.
On parle de la même chose mais on ne dit probablement pas la même chose ; on ne dit certainement pas la même chose. C’est qu’il y a un abîme entre la parole qui s’est préparée, qui s’est apprêtée, qui s’est faite belle, et celle qui est livrée, extirpée, arrachée pat la violence, qu’elle soit celle des tenailles ou celle du sermon : l’une est libre, l’autre serve et soumise.
Est-ce pour cela que ce « humhum », dont nul ne sait d’ailleurs très bien comment il se prononce et s’écrit ; est-ce pour cela que ce « humhum » reste innommé ?
Bordélique : magnifiquement et malicieusement bordélique et insaisissable, méditerranéenne et anarchique, presque grecque et athénienne ; telle est Marseille, cité selon mon coeur.
L’Ange est cette créature qui, par son sourire (sa voix souriante, son visage souriant, son attitude souriante, le sourire exprimé en chacune de ses manifestations), cette créature qui, par son sourire, nous réconcilie avec le monde et nous-mêmes, apporte la paix et la douceur, chasse les ombres, les aigreurs, les colères et fait s’évanouir les méchants.
Si mes mots, à quelques-uns, peut-être à quelques-unes, rappellent quelque chose, si à ces souvenirs un souvenir se noue, se noue de plus profond, de plus puissant que nos inimitiés, tout n’aura pas été vain dans le rappel de ce matin d’été, de la saveur du sel sur les lèvres baisées.
