Catharsis

C’est ce qu’Aristote appelait la purge, la catharsis provoquée par l’art, le théâtre ou la musique : à voir représentée une émotion à laquelle nous sommes nous-mêmes sujet, nous arrivons à l’expulser comme un corps étranger, du moins dans ses excès

Sexy

Qu’on vienne mêler le sexy, qui touche au sacré, à des histoires de management, de marketing et de publicité, est désolant et dit tout l’injuste mépris que nous avons appris à ressentir pour notre corps et ses élans.

La voix

La voix met à nu. Elle vient du tréfonds de l’être et se projette au dehors, révélant dans un cri ou un chuchotement l’intimité et le secret. Elle donne à voir la profondeur des êtres.

C’est pourquoi il n’est rien de plus sacré que le chant : chant des baleines, chant des femmes et des hommes, chant de la nuit et des étoiles, qui sont une porte vers la vérité du monde, son souffle et son rythme premiers.

Sorcière

Je crois que c’était cela, les sorcières : des femmes (ou des hommes pour les sorciers) qui avaient dû développer leur sensibilité et leur attention avec une particulière acuité qui leur permettait de déceler, chez leurs interlocuteurs, d’une façon qui paraissait magique, des signaux faibles et fondamentaux qui en disent plus que tous les mots sur la personne qui parle.

Justice et amour

L’idée de la justice n’est pas le principe suprême de l’éthique, et au-dessus d’elle s’élève l’idée de l’amour, qui, au-delà du juste et de l’injuste, de la faute et de la vengeance, referme pour toujours la source des conflits humains dans un grand geste de bonté capable de tout pardonner, de tout purifier et, de ce fait, rend possible l’avènement du royaume de Dieu sur terre. Cette idée centrale du Christianisme qui, au temps de son apparition comme de nos jours, s’est toujours heurtée à une très vive résistance, notamment en Europe occidentale, qui souffre d’une surestimation du principe de justice, qu’elle est de ce fait incapable de dépasser.