Ajouter de la peine à la peine, de la mauvaise humeur au désagréable, de la pesanteur à la pesanteur, cela ne sert à rien. Sinon à alourdir le fardeau, à le rendre plus pesant encore, pour soi-même et pour les autres.

Agir dans l’allégresse

Written by Aldor

J’ai connu et je connais, y compris moi-même, beaucoup de personnes qui empoisonnent la vie des autres et la leur avec leur continuelle façon de rechigner, de bouder, de traîner des pieds, et de montrer ainsi leur désaccord, leur ressentiment, leur colère.

Elles font les choses, puisqu’elles ne peuvent pas faire autrement mais elles proclament par chacun de leurs gestes, par leur mimique, par leur bougonnement, qu’elles préféreraient de beaucoup faire autrement.

Pour l’avoir longtemps pratiqué et pour m’y surprendre encore parfois, je connais cela par cœur même si je cherche désormais à l’éviter autant que faire se peut.

Ajouter de la peine à la peine, de la mauvaise humeur au désagréable, de la pesanteur à la pesanteur, cela ne sert à rien. Sinon à alourdir le fardeau, à le rendre plus pesant encore, pour soi-même et pour les autres.

C’est dans l’allégresse, toujours, qu’il faut agir. Quoi qu’on fasse. Même si l’on aime pas ce qu’on fait. Même si l’on aurait préféré faire autre chose. Même si ça ne nous plait pas. Dans l’allégresse, c’est-à-dire avec joie et enthousiasme, de façon à rendre les choses – qui sont ce qu’elles sont  – plus légères et joyeuses.

Ainsi Etty Hillesum allégeait-elle, par sa bonne humeur, le fardeau de celles et ceux qui allaient à la mort. Ses plaisanteries et sa légèreté ne changeaient pas le cours des choses – comment l’auraient-elles pu ? – elles le rendaient simplement plus supportable, moins difficile.

On peut et il faut lutter contre ce qui ne nous plait pas avant, quand le cours des choses peut encore changer mais quand il ne peut plus changer, c’est peine inutile. Et croire en la vertu de cette sorte de protestation qu’est la mauvaise humeur est, je crois, se tromper.

Il faut alors simplement faire au mieux. Et ce faire au mieux, c’est la joie.

Comme dit le dicton, il faut alors :

“faire contre mauvais fortune bon coeur”.

 

Comments: 4

  1. Cet engagement, renouvelé ici, fait du bien à lire !

    • Aldor says:

      Merci, Arbre. Ce sont de très beaux textes.

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