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Pénombre


 

Les pastels – il y a actuellement au Louvre une belle exposition qui leur est consacrée et que j’ai vue hier – requièrent de la pénombre car la pleine lumière les blesse.

Il en va souvent ainsi des choses douces, et de la douceur elle-même. Ce n’est pas sous l’éclat qu’elle apparaît, mais dans la pénombre et l’intimité. Et il en va ainsi – on met parfois longtemps à le comprendre et on peut, l’ayant su, l’oublier avant que de le redécouvrir – il en va ainsi de bien des choses essentielles, subtiles, qu’on ne peut percevoir que dans la nuit et le silence, sous la clarté de la lune plus que sous l’éclat du soleil, dans la solitude plus que dans l’échange. Ces choses là s’étiolent à la lumière.

La douceur et la tendresse, le respect et la confiance se taisent plus qu’il ne se disent. Ou  bien ils se chuchotent, tout près du silence, dans l’oreille endormie. Comme une caresse légère qui se pose et qui n’insiste pas.

Entrer dans le silence pour pouvoir entendre la douceur qui se chuchote, épouser la nuit pour y apercevoir la lueur de la tendresse, faire silence et calme en moi-même pour ressentir ce qui est humble, et fragile, et subtil, et terriblement important – Voilà bien une chose que je sais mal faire. C’est un long chemin sur lequel je peine et dont le suivi éprouve la patience de celle que j’aime, qui est fille de la lune tout autant que du soleil.

“Vraie Lumière, 
Celle qui jaillit de la Nuit ;
Et vraie Nuit,
Celle d’où jaillit la Lumière.”

François Cheng

Enfin le royaume


 

La chanson qu’on entend en introduction et en conclusion de mon enregistrement est Pines, d’Achinoam Nini et Gil Dor, tiré de l’album Noa.

Une réflexion au sujet de « Pénombre »

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