http://improvisations.fr/wp-content/uploads/20170127deplaire.mp3

Déchirures


 

Il y a des choses : paysages, toucher ou entendre celle que j’aime, visages d’enfants, de femmes ou d’être chers, ou cette chanson, qu’on a entendue en introduction et qui, dès la première écoute, m’a fait tressaillir – il y a des choses qui, on ne sait pas pourquoi, bouleversent et font monter en nous, de façon irrépressible, une sorte de sanglot, ouvrent une déchirure.

L’émotion qui nous étreint n’est pas celles que fabriquent, de façon mécanique et en s’aidant des lois de la psychologie, les films recherchant les effets, façonnés pour faire pleurer Margot. C’est autre chose qui joue. L’émotion qui nous étreint ne nous transporte pas ; elle nous atteint, comme la flèche de l’amour. Quelque chose, en nous est touché, et s’ouvre. Quelque chose qui est ordinairement caché et recouvert et qui là, apparaît. Quelque chose qu’on sent être nous-même, la plénitude de nous-même, le meilleur de nous-même. Une porte s’est ouverte vers ce qui est à la fois nous-même et le monde, notre cœur et le tout, les étoiles.

Une porte vers les étoiles. Cette porte que l’amour ouvre et laisse ouverte tant qu’il dure et qui peut brièvement s’entrouvrir dans ces moments de grâce, par la magie d’une voix, la brusque conscience d’une fragilité.

L’âme, comme disait Guizot que tant aime Katia, alors s’élève, dans une sorte d’illumination.


 

La musique qu’on entend en introduction est en conclusion, cette musique dont je parle et qui m’étreint, est Human of the year, qui est un des titres de l’album Far, de Regina Spektor.

 

6 réflexions au sujet de « Déchirures »

  1. Ah, comme je t’entends, moi qui passe mon temps à m’empêcher de pleurer pour tout et rien. Je t’envie de vivre l’émotion comme la flèche de l’amour, là où l’hypersensibilité qui est la mienne me crucifie si souvent. Tu as l’amour en héritage, moi une sorte d'”hyperconscience” (aucune forfanterie ici de ma part, mais je ne trouve pas d’autre mot ) et cette flèche-là contient ses poisons.

    1. Oui, Andrea, moi aussi. Ça n’est pas un défaut, c’est une délicatesse.

      Cela étant, ici, c’est aussi une plaie par laquelle quelque chose passe passe, un contact avec le monde.

  2. J’aime énormément ton billet, cher Aldor
    C’est d’une extrême justesse dans les ressentis.
    J’éprouve très souvent cette déchirure qui ouvre.
    merci pour ce texte.
    ¸¸.•¨• ☆

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.