Aide et complicité

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On est, chaque jour, à chaque instant, confronté à un dilemme : poussé par notre propension à aider, à faire avancer le choses, à être positif, on prête main forte, on met la main à la pâte ; et on se rend compte, en le faisant, qu’on est, du coup, en train de perpétuer un système, une organisation, des pratiques, qui feraient mieux en fait de disparaître. On voulait simplement aider quelqu’un et on devient, ce faisant, complice d’un truc un peu pourri et décadent qu’il serait mieux de laisser mourir.

On est tiraillé entre ces deux aspirations : construire, fortifier, sauvegarder, mais ne pas pour autant pérenniser ce qui s’apprêtait à s’écrouler et ne mérite pas de subsister.
C’est la grande difficulté du réformisme :  jusqu’à quel point faut-il aider et à partir de quel point cette aide devient-elle en fait une complicité de conservatisme  ?

Il faut évidemment toujours aider les personnes, même si les organisations moribondes ou néfastes peuvent être laissées à l’abandon. C’est même sans doute ce qu’il faut faire : distinguer les êtres des structures. Mais les deux sont parfois tellement imbriqués ! Et c’est ainsi que, pour aider des hommes et des femmes qui le méritent évidemment, on soutient des organisations, des systèmes,  des branches qu’il serait mieux de laisser tomber.

 


L’image représente un coquille d’ormeau trouvée à Porquerolles, crique de la Galère.

La musique qu’on entend est Bayaty, de Georges Gurdjieff, dans la très belle interprétation d’Anja Lechner (violoncelle) et Vassilis Tsabropoulos (piano). 

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