Le bonheur ne suffit pas

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Cela ressemble au titre d’un James Bond, et peut-être cela a-t-il été dit et écrit mille et mille fois. Mais enfin, c’est ma découverte du jour ; voilà pourquoi je la livre : le bonheur ne suffit pas.

Le bonheur ne suffit pas ; il ne nous suffit pas et il ne suffit pas au bonheur.

Le bonheur, c’est cet état de félicité, de plénitude, de complétude, de sérénité ce sentiment qu’on éprouve parfois, souvent, et dans lequel on est bien, heureux, satisfait ; le bonheur, c’est très agréable.

Mais le bonheur est un état. Et à certains d’entre nous, à beaucoup, peut-être à tous, manque un ingrédient supplémentaire qui, à cet état ajoute mouvement et élan, vibration, émotion : ce qui manque au bonheur pour que le bonheur soit complet, c’est la joie.

La joie, c’est cette gaieté légère de l’âme faite d’espoir et d’insouciance, qui prête à sourire et à rire ; elle est mouvante, fragile et éphémère, et elle ajoute au bonheur une couche d’écume, de folie et d’arc-en-ciel, une énergie de perpétuation.

Sans la joie, le bonheur s’enlise. Il devient morne, habituel, pesant : les mêmes choses dont nous célébrions les premières manifestations deviennent des figures imposées et maniéristes, encombrantes et ennuyeuses, vides d’âme et d’esprit.

Cet âme, cet esprit, c’est la joie, ou l’amour qui en est une des formes les plus pures, c’est-à-dire ce mouvement, cette impulsion de redécouverte, de renaissance perpétuelle, de replongée incessante dans le flux de la vie. Qui a en lui cette énergie, cette étincelle, renaît chaque jour. Entre les mains et dans les yeux de qui ne l’a pas, tout s’effrite et devient cendre.

La joie est une émotion, et je sais bien ce que toutes les sagesses d’Orient et d’Occident disent depuis toujours des émotions : qu’elles sont des chevaux fous causes de tous les maux et qu’il faut leur serrer la bride, les maintenir sous le joug, les canaliser comme dit Katia, pour éviter qu’elles ne nous entraînent dans leurs délires et leurs excès. Il faut les juguler pour ne pas leur être soumis.

Les canaliser, et non les étouffer. Mais trop souvent, celles et ceux qui veulent les canaliser ne savent que les étouffer et meurent alors au bonheur. Car sans elles, sans la joie, sans l’amour, même le bonheur ne résiste pas à la lente et irrépressible montée des alluvions du temps qui finissent par tout étouffer.

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