Improvisations

Foin des préparations et des textes pensés ! Voici des mots cueillis aux lèvres.

Vouloir être aimé

Je me souviens des conversations que j’avais, en hypokhâgne (et khâgne aussi, d’ailleurs), avec mes camarades, durant lesquelles nous brassions de grandes questions philosophiques et existentielles. L’une d’elle concernait – excusez du peu – le sens ou le but de l’existence. Et je me souviens que, lorsque cette question m’était posée, je répondais qu’à mon sens, ce que nous recherchions au travers de tous nos comportements, de tous nos actes, de tous nos efforts, était de plaire et plus encore d’être aimés. Nous voulions être aimés et cela dirigeait notre vie.

Quelques dizaines d’années plus tard, je ne ferais plus exactement la même réponse : d’abord, j’enlèverais de ma réponse – Grâces en soit rendue à l’aimée – le « plaire », qui n’a nulle bonne raison d’y figurer. Ensuite, j’ajouterais « aimer », car donner de l’amour, indépendemment du fait d’en recevoir ou pas, me paraît une grâce, en soi. Mais je conserverais probablement le « être aimé » car être aimé est aussi une grâce.

Aimer est une grâce, qu’il y ait ou non amour en retour. Mais je ne pense en revanche pas qu’on puisse – ni qu’on doive d’ailleurs – être indifférent au fait de recevoir ou non de l’amour. Conditionner l’amour qu’on donne à l’amour qu’on reçoit, c’est probablement manquer à l’amour ; y être indifférent, c’est tomber dans l’indifférence – qui est tout le contraire de l’amour.

Telles sont idées agitées au cours de cette improvisation enregistrée du matin…

PS : les auditeurs attentifs remarqueront que je commets un lapsus. Je parle, à un moment donné d' »attachement » quand c’est « détachement » que j’avais dans l’esprit…

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5 Comments

  1. carnetsdedestinees 18 mars 2017

    Dire « aimer », c’est tenter de dire en un seul mot un si grand nombre d’intentions, d’attentes et de croyances, qu’il vaudrait mieux tenter de le décrire que de l’expliquer, vous ne pensez pas ?

    Ce petit voyage dans vos pensées et vos idées m’a été fort agréable, je reviendrai, c’est sûr.

    • Aldor 18 mars 2017 — Post Author

      Merci de ces gentils propos.

      Quant au reste, je ne vais pas, vous le devinez bien, y répondre tout de go…

  2. anickanouck 30 mars 2017

    Bien d’accord avec vous : nous agissons pour être aimé. Par contre, je me demande pourquoi vous écrivez qu’aimer est une grâce. Que voulez-vous dire??

    • Aldor 30 mars 2017 — Post Author

      Bonjour, Annick,

      Je veux dire qu’il y a des gens qui, parce qu’ils ont été élevés comme ça ou parce qu’ils ont été blessés, ne savent pas ou ne savent plus aimer. Ils n’osent pas ou plus. Je veux dire qu’aimer n’est pas forcément donné à tout le monde et que c’est, en soi, indépendamment de la réponse qu’on reçoit (ou non), une grâce qui ennoblit.

      Ne le pensez-vous pas ?

      • anickanouck 30 mars 2017

        Je n’y avais jamais pensé comme cela. Pour moi, aimer était plus un devoir! Mais vous avez raison, c’est aussi une chance de pouvoir aimer. Et c’est une vision beaucoup plus positive! xx

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