Eureka ! – J’ai trouvé !

Written by Aldor

Quand, après avoir cherché pendant des minutes, des heures ou plus longtemps encore, on trouve la solution d’un problème ou d’un exercice de mathématiques, c’est un grand bonheur.

On a erré longtemps, on a emprunté de longs chemins qui n’ont finalement mené à rien, on a pataugé dans des difficultés où l’on a failli s’embourber sans trouver de prise permettant de s’accrocher, on a connu le découragement et la lassitude et voici que soudain, dans une sorte d’illumination, de quasi-révélation, la solution apparaît, chassant brutalement les nuées au milieu desquelles elle se tenait !

Comme le soulignait Simone Weil, c’est avec l’attention, bien plus qu’avec la concentration, qu’on arrive souvent à découvrir la solution d’un problème : il ne s’agit pas d’être totalement focalisé sur la question mais, au contraire, de savoir s’en écarter un peu, savoir en observer les à-côté, savoir s’en éloigner pour saisir des ordonnancements, des architectures qui n’apparaissent parfois qu’avec un peu de distance, un peu de détachement.

Et puis, l’un des plaisirs de cette expérience est le réconfort qu’elle procure en établissant que malgré tout ce qu’on peut parfois penser, la persévérance paie : il arrive qu’on trouve tout de suite, par l’effet d’une grâce incompréhensible, mais quand ça n’est pas le cas, on peut cependant être quasiment certain, qu’au bout du compte, à  force d’attente, d’attention, de persévérance, on y arrivera, que l’effort n’aura pas été vain.

Et le “J’ai trouvé“, le “Eurhka” qui jaillit alors de l’esprit et de la bouche marque une vraie victoire, un vrai contentement. Ça n’est pas un cri d’orgueil car il est évident que notre conscience a joué un faible rôle dans le processus de découverte. C’est plutôt de l’émerveillement : quelque chose, en nous, a trouvé, et nous en sommes heureux, comme nous le serions d’un beau spectacle se déroulant sous nos yeux.

Comments: 3

  1. Joëlle says:

    Ce que je vais dire est très terre-à-terre, mais depuis que je suis contrainte de cuisiner “sans” (sans gluten, sans produits laitiers, sans conservateurs), chaque plat réussi procure une vraie satisfaction. J’en suis venue à me dire que c’est l’adversité, et non la facilité, qui apporte le bonheur. A une époque où les parents (dont j’ai fait, et dans une moindre mesure, fais encore partie) essaient de protéger leurs enfants de tout, je m’ interroge…

    • Aldor says:

      Oui. C’est ce que dit Simone Weil. Et Rainer Maria Rilke aussi. Mais il faut une certaine maturité pour découvrir et se convaincre de cela : que l’extraordinaire et dans le chemin autant et plus que dans la destination, dans l’effort accompli autant et plus que dans sa réussite. La réussite vient couronner mais ça n’est pas elle qui donne sens, ni même qui donne seul le plaisir, même si elle donne du plaisir.

      La cuisine est un excellent exemple. Je n’y suis pas aussi doué que vous, il s’en faut, mais on a vraiment plaisir à faire attention à ce qu’on fait, à bien faire. Est-ce une histoire de difficulté, d’adversité ? Je ne suis pas sûr. Ce qui est utile, c’est retrousser ses manches, se colleter à la réalité, être entièrement attentif. Ce à quoi l’adversité nous oblige mais qui peut venir d’autre chose que de l’adversité.

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