Dire : hommes et femmes sont différents mais ils sont égaux, est en fait un peu facile, un peu rapide, un peu faux-cul. Et c’est mettre le problème sous le tapis que de prétendre ainsi le résoudre. Car quand on pose la différence en point d’entrée, il est difficile, ensuite, de raisonner en termes d’égalité
Catégorie : Choses de la vie
Peut-être y a-t-il toujours, au fond du désir masculin, celui au moins des hommes de mon âge, cette dimension ogrique autant qu’orgiaque : une envie malsaine mais atavique de se nourrir de l’énergie et de la jeunesse perdues, un besoin irrépressible de vivre le rêve du Docteur Faust
Nos désirs sont oxymoriques : bien souvent, le plus souvent peut-être, nous désirons une chose, une personne, et simultanément son contraire ou son presque contraire : la maman et la putain, la tranquillité et l’émotion, le calme et la tempête, la sobriété et le luxe, la pesanteur et la grâce.
À vouloir à tout prix posséder quelque chose (ou un être), on finit par être possédé par cette chose ; à vouloir tout posséder, on n’est plus rien ; on se perd nous-même
L’injonction qui nous est faite de faire confiance à la science recèle une telle contradiction interne qu’elle nous rend malheureux et engendre chez nous une névrose.
Que ferait-on sans ces visages souriants ou pleurant, ces clins d’oeil, ces coeurs, ces fleurs, qui donnent un peu de chair et d’épaisseur à nos messages écrits
!
Voilà pourquoi il faut des rideaux aux fenêtres : non pour cacher nos faits et gestes mais pour que ceux-ci soient sincères et véridiques.
Certains considèrent le corps comme une enveloppe extérieure qui recouvrerait un pur esprit en forme d’ange. Ce que je ressens moi-même, c’est au contraire que le corps n’est pas un autre mais que nous sommes notre corps, notre corps sexué, et que quand nous ne trouvons pas en nous-même cette unité fondamentale, notre douleur est profonde.
