Ce qui est en cause, quoi qu’on prétende, ça n’est pas le principe du réemploi, car la création a, depuis toujours, fonctionné par réemploi du déjà créé ; ce qui est en cause, c’est la quantité et la diversité phénoménales des œuvres que les LLM ont analysées au cours de cette sorte de Grand tour total qu’est leur entraînement, et la rapidité avec laquelle elles peuvent, avec cela, créer du neuf.
Improvisations Posts
Je suis de ceux que l’horizon, que le recul constant de l’horizon, son caractère intrinsèquement inaccessible, le flux intarissable de nouvelles terra incognita qui me seront à jamais inconnues et que je mourrai sans avoir foulées ; je suis de ceux que la dimension radicalement inépuisable du monde, l’inconnu qui gît en chaque chose, en chaque lieu, en chaque personne et qui fait du monde un infini des infinis ; je suis de ceux que cette certitude de mes incertitudes, ce savoir absolu du non-savoir, émerveille et rend joyeux.
Sous ce déluge de mots contradictoires, de mots dont on ne sait plus le lien qu’ils entretiennent avec la réalité, la vérité se dissout. Il ne reste plus que des mots vides, des « Paroles, paroles, paroles ! » à la Dalida, un langage perverti et nié.
Moi, Père Ubu, En vertu des pouvoirs divers, universels et irréversibles que, sous ma propre autorité et avec mon assentiment plein et entier, je me…
Plutôt que de « culture managériale », expression un peu désuète qui traîne avec elle son parfum de vieille dame, je préfère parler de culture du leadership. Ça n’est en effet pas de management, et encore moins de ménagement que nous avons besoin mais de leadership, de leaders et de chefs.
Voilà que le roi de Carnaval garde sa couronne sur la tête, que le père Ubu demeure sur son trône, vociférant comme Charlie Chaplin dans Le dictateur, et comme lui jouant avec la planète.
Les LLM font ainsi le travail qui était hier dévolu aux écrivains publics : retranscrire ou résumer un propos mais « en mieux », comme l’écrivain public transformait quelques mots maladroits en somptueuse déclaration d’amour
C’est parce qu’elle pourrait choisir de me mordre et de me déchirer que le sourire de cette personne, et plus encore son baiser, me plaît.
Il n’y a que des beautés connotées, des beautés emplies de sens, des incarnations de vertus, d’émotions, de sentiments ou parfois même de vices, et là, là précisément et uniquement, est ce qui en elles nous touche et parfois nous bouleverse.
« Toute personne, écrit Etty Hillesum, qui entreprend un travail d’importance doit s’oublier elle-même ». Il en va de même, je pense, de toute personne qui veut vivre, qui veut vivre sa vie et qui, pour cela, doit accueillir, à chaque instant, ce qui vient comme il vient, accueillir la vie dans sa nudité, son identité, son irréductible singularité.
