Sorcière

Je crois que c’était cela, les sorcières : des femmes (ou des hommes pour les sorciers) qui avaient dû développer leur sensibilité et leur attention avec une particulière acuité qui leur permettait de déceler, chez leurs interlocuteurs, d’une façon qui paraissait magique, des signaux faibles et fondamentaux qui en disent plus que tous les mots sur la personne qui parle.

Demander et donner

On ne demande, on ne demande vraiment qu’à ceux qu’on aime – quelle que soit la sorte d’amour qu’on leur porte : estime, amitié, amour ou amour ; aux autres, on ne demande que des choses insignifiantes : “passe moi le sel”, “donne moi le pain”.

Dès lors que la demande est signifiante, elle ne s’adresse qu’à ceux qu’on aime. Et elle porte en elle autre chose, qui lui est irréductiblement liée même si elle n’apparaît pas toujours : un don. Au cœur de chaque demande faite à ceux qu’on aime, il y  a don : don de confiance, don de temps, don de soi.

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Ne pas être en dette

A l’idée d’être en dette, d’être redevable, d’être débiteur, certains d’entre nous sentent une immense angoisse dont la force et la prégnance sont telles qu’elles pervertissent chacun de leurs gestes, chacun de leurs comportements, chacune de leurs pensées, y compris dans les moments les plus intimes : ne rien devoir ; surtout ne rien devoir et à cela tout sacrifier.

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“La matière est l’excroissance de l’amour”

Sans amour pour le renouveler sans cesse, le régénérer sans cesse, lutter à chaque instant contre le laisser-aller, la paresse, la vieillesse, et la facilité ; sans amour pour remettre de la verticalité dans ce qui aurait sinon tendance à décroître et à s’effacer ;  sans amour pour relier, tout en respectant l’altérité, ces îles que chacun d’entre nous formons, pour faire le premier pas en brisant le silence, pour éclairer le monde de notre sourire et de notre attention ; sans ces gestes sans cesse répétés d’amour  et cette main toujours à nouveau tendue, le monde mourrait.