C’est toujours soi qu’on rejette en l’autre.
Catégorie : Le monde tel qu’il est
Quand les moutons broutent, ils font du bruit. On entend distinctement le bruit de l’herbe arrachée par les dents et celui, plus doux, de la mastication.
Mais il faut, pour entendre ce bruit, être dans le silence.
Quand nous ressentons quelque chose, il ne nous suffit pas de le ressentir, il nous faut encore le montrer, sans quoi quelque chose en nous demeure frustré et notre émotion paraît ne pas être allée au bout d’elle-même.
« On ne peut pas juger les hommes par ce qu’ils font quand ils enlèvent leur pantalon. Pour leurs vraies saloperies, ils s’habillent. »
Aussi coûteux que cela soit, il est beaucoup plus facile de reconstruire Notre-Dame que de reconstruire cette société qui se délite ou ce monde qui va à la dérive. Se donner le temps du deuil aurait aidé à cette prise de conscience.
Bien plus que des réceptacles ou des récepteurs, nous sommes des projecteurs. Et les meilleurs d’entre nous sont ceux qui illuminent le monde de leur propre lumière.
Épouser l’épaisseur du monde. L’embrasser avec amour. S’y plonger sans espoir de retour à des solutions simples. Voilà le défi du temps. C’est ce que dit le : »En même temps ».
Il nous faut réapprendre les catégories de l’important, de l’essentiel, du nécessaire, les dégager de la gangue dans laquelle un système économique aveugle les a engoncées. Abandonner les flacons pour garder les étoiles.
Je me demande s’il n’y a pas là, ancré au plus profond de notre être, une harmonie profonde avec le rythme des saisons : simplicité et repos de l’hiver ; exubérance et richesse du printemps et de l’été : zen et baroque.
