C’est étrange comme on a du mal à se faire à son âge ; comme il suffit de marcher quelques jours dans le printemps pour l’oublier ; comme on ne s’y fait vraiment (et pour un court instant !) que dans l’affrontement par surprise au miroir !
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Parce qu’il n’est ni le sentier, ni la route, le chemin est l’idéal retrouvé du paradis perdu : l’équilibre harmonieux entre les hommes, les femmes et le reste de la nature.
Pour celle de l’existence de Dieu, j’ai encore quelques petites recherches à faire. En revanche, pour la preuve des dégâts que la fatigue physique provoque sur nos capacités intellectuelles, j’ai trouvé : c’est le flux quasi ininterrompu de banalités prétentieuses, de formules creuses et prétendument inspirées, d’aphorismes de café du commerce, qui nous viennent, à la vitesse d’un tir de mitraillette, à la fin d’une journée de marche, sac au dos.
Alors que ce « Mais ça n’est pas grave » prétend atténuer la faute que nous aurions commise, sa fonction réelle est de dédouaner notre interlocuteur de son propre mensonge, ou exagération, ou raisonnement fallacieux. Il est un marqueur de la gêne de notre interlocuteur qui, conscient de sa mauvaise foi, cherche dans la relativisation de la faute que nous aurions commise une façon de relativiser son propre mensonge et de diminuer sa mauvaise conscience
J’éprouve cette même gêne dans certains débats actuels où l’on paraît être prêt à sacrifier à l’objectif très important qu’est la lutte contre le réchauffement climatique un objectif plus important encore : le maintien de la biodiversité.
Rien de moins naturel que la sobriété. Elle est effort, elle est tension. Jamais elle ne s’assoupit ou ne se laisse aller. Elle est une retenue attentive et jamais endormie, un de ces serviteurs, de ces vierges sages veillant sans cesse au retour de leur maître dont parlent Luc et Matthieu.
J’éprouve un lâche soulagement à être placé, pour le second tour, devant un choix très simple et à ne pas devoir, le 24 avril, peser à n’en pas finir le pour et le contre. Et moi aussi j’assume. Parce que l’histoire ne se termine pas là et que le choix quasi-imposé du second tour ouvre en fait grand les portes de l’avenir.
Il a raison, Laocoon, de se méfier des prétendus cadeaux de l’ennemi. Mais on ne peut pas, d’un autre côté, toujours juger les actes, les choses, les cadeaux, les paroles, à l’aune de qui les fait, les porte, les prononce. On ne peut pas toujours superposer à la réalité objective du monde la connaissance que nous croyons avoir des intentions ou des pensées des autres.
On me demande quelque chose ; je le prends un peu de haut, considérant que c’est une faveur qu’on me demande ; et ce n’est que plus tard que je réalise mon erreur : en s’adressant ainsi à moi, on me demandait moins une faveur qu’on ne m’en faisait une, celle d’être choisi.
L’agression russe en Ukraine, la famine un peu partout, la guerre civile au Yemen, la pauvreté, la maladie, les espèces qu’on détruit, les espaces qu’on salit, le grand épuisement du monde, le grand gâchis des choses et des êtres, et là, cerise sur le gâteau comme s’il en était besoin, cette interdiction faite aux femmes comme l’annonce à Marie, d’étudier, de diriger, de voyager, ce grand enfermement des femmes afghanes dans leur burqua, son chez lui, leur ignorance.
