Tutoyer le monde

C’est pourquoi la catastrophe écologique nous heurte et nous blesse plus profondément que nous ne saurions le dire, plus profondément peut-être que nous n’en avons conscience. Ce n’est pas seulement la survie de l’homme en tant qu’espèce ou ses conditions de vie futures qui nous préoccupe et nous touche dans la destruction à laquelle nous assistons ; c’est la blessure qui nous est à nous-mêmes infligée et que nous ressentons comme telle : quelque chose de nous-même est affecté, quelque chose de nous-même s’effiloche, se corrompt et se perd dans ces animaux qui disparaissent et cette terre qui s’immondice. C’est à nous-même que le coup est porté.

Conscience et confiance

Au début de son roman Les Bienveillantes, Jonathan Littell prête à Adolf Hitler la déclaration suivante : “Les chefs doivent à l’Allemagne le sacrifice de leurs doutes” C’est une parole terrible. Et peut-être a-t-elle, dans l’esprit des Français que nous sommes, qui connaissons Pascal et son pari, une résonnance particulière. Nous établissons en effet un […]

Il faut de la permanence pour saisir l’impermanence

Enregistrement Je songeais ce matin à ce qu’une lectrice m’avait dit de la notion d’impermanence, chère aux Bouddhistes, et j’essayais de comprendre la raison pour laquelle je n’avais jamais été totalement à l’aise avec cette notion. Je crois l’avoir compris, ce matin, tandis que j’étais sous la douche, dont je constate qu’elle est, comme le vélo, […]

Bien et mal

Dans Euthyphron, de Platon, dont j’ai parlé il y a quelques jours dans un autre blog, Socrate paraît dire qu’il existe, au dessus des lois, des croyances, des religions, des avis, des obéissances, une sorte de loi fondamentale, de conscience suprême, de voix divine, qui fait que chacun, homme ou dieu, sait, au plus profond de […]